| |
| Tu feras des maths, mon fils... |
 |
| Les maths à l'école |
 |
Toujours la question du "niveau"... |
Comme pour ce qui concerne les autres matières dites "fondamentales", il est de bon ton de déplorer une baisse de niveau catastrophique en mathématiques. En l’occurrence, la méthode associée aux "maths modernes" qui n’a constitué qu’un épisode très bref dans l’histoire des programmes, aurait joué le même rôle de bouc émissaire que "la méthode globale" en lecture. Autant il est nécessaire de reconnaître les excès dans lesquels les dites méthodes se sont engagées, autant il faut bien voir qu’elles n’ont ni l’une ni l’autre fait table rase de ce qui les a précédé et qu’elles n’ont jamais été appliquées de manière exclusive.
Les orientations pédagogiques qui vont vers une plus grande prise en compte des représentations et des activités des élèves, vers un apprentissage qui accorde autant d’importance à la compréhension qu’à l’acquisition des mécanismes de base, autant au processus qu’au résultat, ne font pas l’économie des moments où le maître doit expliciter clairement les notions à apprendre et où il doit formaliser son enseignement de manière rigoureuse. C’est un "pédagogue" chercheur en psychologie cognitive, peu suspect de nostalgie passéiste, qui le dit : la façon de concevoir ce qu’on appelle "apprendre la division" à l’école primaire peut être facteur d’échec scolaire.
|
Affirmer, que l’enseignement de la division commence actuellement dès le CP, voire dès la maternelle, c’est sous-estimer les ruptures nécessaires à la conceptualisation arithmétique. En effet, à strictement parler, enseigner une opération arithmétique, c’est créer des situations pédagogiques favorisant la prise de conscience de l’équivalence entre plusieurs procédures, qui fonde cette opération, et c’est introduire les écritures appropriées pour symboliser cette équivalence ("a x b" pour la multiplication et "a : b" pour la division). Il s’agit moins d’y résoudre des problèmes que de théoriser leur résolution. Aucune séance de ce type n’a cours au cycle 2 concernant la division et, comme nous l’avons vu, les élèves ne pallient pas cette absence par des découvertes personnelles.
Rémi Brissiaud "Allègements des programmes et échec scolaire", Cahiers pédagogiques N° 427 "Enseigner les maths aujourd’hui", nov 2004.
|
|
|
|