
L’idée intéressante de ce témoignage de M. Belmont est que le débat n’a pas été amené par le prof, pour débattre, mais qu’il est né au cours d’un exercice "banal"
Dans une classe de 6° de ZEP, après avoir étudié les fractions, je donne un matin ce que je pense être un court exercice de renforcement : "comparer 4/5 et 9/10".
Évidemment certains répondent 4/5 < 9/ 10, et d’autres 4/5 = 9/ 10 : j’ai alors l’idée de partager le tableau en deux, et de demander d’aller écrire des arguments pour justifier sa réponse.
[…] La classe entière s’intéresse au débat, même ceux pour qui la bonne réponse ne fait pas de doute. Et, surprise : des élèves qui avaient opté initialement pour la "bonne réponse" se retrouvent à douter, voire à opter pour la réponse erronée. En effet je fais le point de temps en temps, par un sondage, pour voir où en est l’opinion de la classe… La fin du cours (3/4 h) n’y suffira pas vraiment, les élèves veulent qu’on continue le débat le cours suivant… et une élève qui m’avait dit en début d’année détester les maths sort en lançant "Maintenant, j’aime les maths".
Martine Belmont, "Où comparer 4/5 et 9/10 donne lieu à de surprenants débats"
Cahiers pédagogiques N° 427 "Enseigner les maths aujourd’hui", nov 2004.