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Quant aux mutations accélérées de notre société, elles appellent à revisiter en permanence savoirs et compétences, donc d’être dans une logique d’éducation "permanente". La "société du savoir" dans laquelle nous sommes entrés conduit chacun à être à la fois potentiellement éduquant et éduqué. Sachant qu’on s’éduque en éduquant - les bénévoles de l'Afev le savent bien ! D’où l’intérêt aussi des formes de tutorat, de transmission de jeune à jeune.
Affirmer le primat de l’éducatif, c’est s’opposer aux sirènes qui ne conçoivent la société que comme une juxtaposition d’individus "pacifiés" dans leurs comportements et leur esprit. C’est penser la société comme une construction d’"individus" et de collectifs acteurs de leurs apprentissages et du pacte social, s’appropriant et réinventant le patrimoine, engagés dans des interactions, des échanges, des débats.
Dans cet objectif, penser l’éducation comme l’affaire de tous, une "éducation partagée", c’est reconnaître à chaque acteur toute sa place et sa responsabilité dans la (co)construction de la société. Sous quelques conditions : il ne saurait s’agir de confusion des rôles et des compétences, ni, sous couvert de cohérence, d’uniformisation des pratiques et des systèmes normatifs propres à chaque espace, encore moins d’invalidation des acteurs qui ne sont pas des "techniciens " (les parents par exemple).
Le local, territoire de projet, semble l’espace ad hoc pour créer cette dynamique éducative, où parents, professionnels de l’éducation (enseignants, éducateurs, animateurs) et bénévoles, collectivités et entreprises, architectes et urbanistes, sans oublier les enfants et les jeunes eux-mêmes, peuvent contribuer à la mise en œuvre d’une "cité apprenante". Car une "éducation partagée" n’a de sens que si le jeune et l’enfant sont pensés comme acteurs légitimes de l’éducation, comme ressources.
Il s’agit bien d’entrer dans une logique coopérative, où tous les acteurs sur un territoire, au service de l’enfant et du jeune - et au-delà de l’ensemble de la population - (et avec eux) créent du développement éducatif territorial. L’accompagnement éducatif conduit par les étudiants de l’ Afev est exemplaire de ces dynamiques solidaires. On voit bien ici la dimension et l’enjeu politiques de la démarche : l’"invention démocratique" comme processus inachevé, permanent.
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