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Au Royaume-Uni, une commission parlementaire propose d’impliquer un million de jeunes dans des actions de bénévolat d’ici 2010.
Encourager les jeunes pour qui toutes les portes se sont fermées. C’est l’objectif de l’association Community Service Volunteers (CSV) qui, avec ses 110 000 bénévoles à travers le Royaume-Uni, est de longue date une référence en matière d’accompagnement à la scolarité dans son pays. Le projet ‘I, ME’, que l’organisation a lancé l’an dernier dans le quartier londonien d’Islington, va beaucoup plus loin que le travail classique avec les élèves en difficulté : il s’agit de cibler les jeunes de 13 à 17 ans en rupture avec la société, la plupart déscolarisés, et dont certains ont déjà eu affaire avec les tribunaux. "Notre objectif est d’encourager le jeune dans ses démarches pour reprendre les études ou pour trouver un travail, de l’aider à surmonter ses blocages et à identifier ses capacités, toujours dans une approche positive : le bénévole devient une sorte de tuteur pour le développement personnel du jeune", résume David Hopper, chargé du suivi du projet au sein du CSV. "Un travail ambitieux et très complexe, reconnaît-il, qui ne peut se faire qu’en liaison étroite avec toutes les personnes qui suivent le jeune."
Un modèle pour l'avenir
L’intérêt du projet "I, ME" est qu’il se fait en collaboration avec les services sociaux voire judiciaires, les organisations éducatives publiques, les offices de placement des chômeurs, la ville de Londres... Une structure spécialisée, baptisée "Connexions", fait le lien entre tous les acteurs. La collaboration du CSV avec les autorités locales et les services d’Etat ne constitue pas véritablement une première. "C’est vrai que le projet "I, ME" est un exemple de ce qui se fait de mieux. Cela peut être un modèle pour l’avenir", estime David Hopper.
Pour l’association, l’avantage est de pouvoir toucher les publics qui en ont le plus besoin, avec le soutien de nombreuses administrations. Ces dernières ont de leur côté intérêt à impliquer des bénévoles auprès de certains publics qu’elles ont de plus en plus de mal à toucher, à commencer par les minorités ethniques.
Les travaillistes au pouvoir à Londres ont d’ailleurs fait du renforcement du volontariat des jeunes l’une des priorités pour le futur : une commission parlementaire a proposé l’an dernier d’impliquer dans le bénévolat un million de moins de 25 ans supplémentaires d’ici à 2010. Les jeunes sont les mieux placés pour répondre "aux besoins de la collectivité" et doivent être "au cœur des actions de volontariat", estime Ian Russell, le député responsable de cette commission. Un réseau national doit être créé, qui regroupera les pouvoirs publics, mais aussi des sponsors privés, autour des associations de bénévoles.
Paul Falzon-Monferran
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