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Un jeune peut-il éduquer un autre jeune ? |
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Bien évidemment et ce n’est pas nouveau ! Dans les villages jadis, l’éducation était une démarche collective. Chacun, dans la communauté des adultes, veillait sur les enfants. On déléguait aux aînés la surveillance des plus jeunes. En outre, la période de l’adolescence correspondait à une entrée précoce dans le monde du travail et donc à un encadrement par les adultes. L’école de Jules Ferry s’est construite contre les patrons et les parents qui arrachaient les enfants aux études. Progressivement, le système de veille collective s’est effondré, la responsabilité en a été transférée à l’État chargé de construire le citoyen. L’éducation populaire a été étouffée peu à peu.
Aujourd’hui, on reconstruit le concept de co-éducation avec tous les acteurs de proximité dans l’espace collectif. Dans cette tâche, le rôle des jeunes aînés reste essentiel car ils bénéficient de l’autorité que confère l’âge sans être stéréotypés comme "adultes", et ils évitent ainsi le piège de la rupture générationnelle. Ils sont perçus par les plus jeunes comme participant de leurs propres soucis et espoirs, donc solidaires et bienveillants tout en ayant une expérience "adulte" qui est pensée comme exemplaire parce que plus immédiatement accessible. Ce sont de bons médiateurs naturels.
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Existe-t-il des expériences de transmission des savoirs entre pairs dans l’éducation nationale ?
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Institutionnalisées, non, sauf dans les grandes écoles, les établissements expérimentaux et avec certains pédagogues utilisant la pédagogie Freinet. Oui, si l’on se réfère au passé, à "l’enseignement mutuel" (système de classe hétérogène répartie en groupes de niveaux/matières) avec la pratique des "élèves moniteurs" (ceux qui, dans la classe terminale, avaient assimilé le savoir du maître et le transmettaient aux autres). Ce système prévalait mais a été supplanté en 1834 par celui des Frères des écoles chrétiennes. Toutefois, aujourd’hui, dans la pratique, il est courant qu’un élève explique à un autre ce qu’il faut faire et se fasse mieux comprendre que le professeur car, entre pairs, ils peuvent utiliser le même langage.
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