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| En ZEP, des écoles comme les autres ? |
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| D’où viennent les ZEP ? |
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Gennevilliers, années soixante |
Lancées en 1981, les ZEP sont réputées appartenir à l’arsenal des mesures "de gauche" et il serait tentant d’y voir une sorte de dogme idéologique théorisé de longue date au nom des principes d’un socialisme égalitaire.
En réalité, la première ZEP a été la réponse pragmatique à une situation concrète. En 1960, un des fréquents incendies de bidonville amène le préfet de la Seine à construire en urgence une cité de transit au port de Gennevilliers pour reloger les habitants sinistrés. Mais la municipalité de l’époque refuse de supporter la prise en charge des deux écoles de cette cité qu’on lui avait imposées. Les parents et les enseignants entreprennent alors une action revendicative qui amène le préfet à utiliser la catégorie des "handicapés sociaux" pour débloquer les moyens nécessaires à l’ouverture des classes et à la formation des enseignants appelés à exercer dans ces conditions spécifiques.
L’équipe des deux écoles, ouvertes en 1966 et dirigées par Alain Bourgarel, craignant de "plaquer un ghetto scolaire sur un ghetto social" obtient par la suite de répartir les élèves dans les écoles environnantes.
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Encore fallait-il convaincre les maires et les directeurs d’école d’accepter [ces élèves]. Comme ils n’en voulaient pas, ce fut un long travail de persuasion qui ne pouvait réussir qu’à condition d’intégrer peu d’élèves dans chaque école, et donc de mettre en réseau beaucoup d’écoles. Des bus, chaque matin, répartissaient les élèves entre vingt-quatre écoles, réalisant ainsi une sorte de ramassage scolaire à l’envers.
La réussite de cette expérience montrait qu’on pouvait attaquer les "handicaps sociaux" - pour garder la terminologie de l’époque - à partir d’un statut dérogatoire et à condition de se situer dans une zone plus large. Mais Bourgarel et ses collègues ne songeaient pas à la généraliser.
Antoine Prost Le Monde de l’éducation mars 2005
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