
Pourtant, les émeutes qui se produisent en banlieue vont pousser le ministre à prêter l’oreille à ceux qui demandent le retour à des méthodes qui, au nom du bon sens et de la restauration de l’autorité, sont à l’opposé de celles que réclameraient le plan "ambition réussite" et le chantier du "socle commun". La condamnation de la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture désigne les professeurs des écoles comme responsables des échecs en lecture et invite les parents à considérer leur travail avec méfiance au lieu de favoriser la collaboration entre les partenaires de l’école. Une reprise en main de l’enseignement de la grammaire et du calcul est en préparation.
Dans le même temps, le ministre multiplie les déclarations hostiles à la pédagogie active alors que le travail que les enseignants de ZEP mènent pour permettre aux élèves d’acquérir les savoirs fondamentaux repose justement sur l’inventivité, la restauration de l’estime de soi et la différenciation des approches pédagogiques. La proposition d’installer des permanences de police et de justice dans les établissements scolaires, la possibilité d’envoyer des élèves en apprentissage dès l’âge de quatorze ans, le soutien ostensible apporté au CPE sont perçues comme autant de manifestations de méfiance vis-à-vis des enseignants et de doute sur la capacité des jeunes les plus "difficiles" à accéder à cette culture commune que tout le monde appelle pourtant de ses vœux.