La parodie joue un rôle prépondérant dans les réécritures car elle s’insinue partout, et fait feu de tout bois.

Souvent réductrice, cédant à la facilité du grossissement et de la dérision,
la parodie devient intéressante lorsqu’elle interroge la relation au modèle, et lui rend hommage tout en le remettant en question, comme
Romain Gallo contre Charles Perrault de Gérard Moncomble (Milan poche, coll. "Polar", 1999), à la fois parodie des contes, pastiche du style des romans policiers - avec narrateur interpellant usant d’un langage argotique - et insertion de l’auteur source constitué personnage rival du héros.
Cela se retrouve tant dans
la narration, où il s’agit de résoudre des énigmes (le commissaire Perrault, personnage officiel, contre le détective privé Romain Gallo) que dans
l’écriture, puisque l’un et l’autre vont donner leur version des faits. Les personnages ne sont pas seulement héros mais lecteurs et critiques du conte source.
Les contes sont ici modernisés, soumis aux canons et au langage d’un sous-genre codifié, et mis en abyme dans le récit nouveau pour servir et de référence et de repoussoir. Le héros critique le style de Perrault mais lui concède des qualités, et incarne l’attitude de Gérard Moncomble lui-même, qui ne résiste pas au plaisir de reprendre les contes qu’il manipule à sa guise tout en s’inclinant devant leur ascendant.
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Par Christiane Pintado, enseignante à l’IUFM d’Aquitaine.