Les parents qui étaient élèves avant 1968 se souviennent du régime de sanctions et de récompenses qui était encore en vigueur dans bien des établissements et qui datait de l’époque où les "moyens de discipline" étaient réglementés par des décrets royaux. Ainsi, les plus turbulents s’exposaient depuis le début du XIXe siècle à un certain nombre de mesures fixées dans le détail.
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Privations et gratifications dans l’école du XIXe siècle
1° Lecture publique, chaque semaine, des notes défavorables.
2° Privation de la totalité ou d’une partie des récréations de la journée, avec tâche extraordinaire.
3° Privation de la promenade, avec tâche extraordinaire.
4° Défense d’aller voir les parents ou même de recevoir leur visite au collège.
5° Arrêts avec tâche extraordinaire (les arrêts étaient pris dans une salle spéciale qu’on appelait la prison).
6° Privation de vacances en tout ou partie.
7° Exclusion du collège.
Ces "moyens de discipline" étaient contrebalancés par un système de récompenses symétriques :
1° Lecture publique chaque semaine des notes favorables.
2° Tableau d’honneur affiché au parloir.
3° Banc d’honneur (sur lequel sont placés les six premiers dans chaque composition).
4° Prix de semestre.
5° Prix de fin d’année.
Site internet du Lycée Poincaré de Nancy
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Ces mesures avaient pour but de constituer le cadre à l’intérieur duquel les connaissances devaient être dispensées de manière ordonnée à des élèves auxquels on ne demandait pas autre chose que silence et docilité. Elles tenaient lieu de pédagogie dans la mesure où l’attribution des récompenses était la tâche principale du conseil de classe trimestriel, auquel n’assistaient alors ni les parents ni les élèves.
Ainsi, l’autorité indiscutable du pouvoir et une conception autoritaire du savoir pouvaient s’appuyer l’une sur l’autre en s’affirmant grâce à une mise en scène et à une dramatisation qui étaient davantage destinées à se rendre visibles qu’à faire progresser ou à redresser les erreurs.
Aujourd’hui, le contexte dans lequel la "note de vie scolaire" a été instituée et l’effet immédiat qu’on en attend vis-à-vis de la restauration de l’autorité et du mérite font ressurgir ces images liées à l’opprobre d’un "affichage" pour mauvaise conduite et à l’honneur public dû aux plus méritants. Pourtant, la mise en œuvre de cette note soulève des questions infiniment plus complexes que ce cliché un peu simpliste. Il faut en effet s’interroger sur une démarche qui tend à considérer la "discipline" à la fois comme un outil de responsabilisation et comme un moyen de consécration ou de stigmatisation ; à la fois comme un ensemble de conditions nécessaires à la transmission des connaissances et comme une partie de son contenu ; à la fois comme un pré-requis et comme un résultat, tandis qu’elle tente de prendre en compte de manière positive le respect des règles, l’autonomie et la citoyenneté.