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| Une note à géométrie variable |
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L’autorité qui autorise |
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L’occasion était pourtant belle d’entreprendre un vrai travail pour articuler les notions de discipline et d’autorité.
L’autorité statutaire de l’enseignant est indiscutablement fondée sur la transmission des savoirs. Cependant, si on en reste strictement à cette définition, on comprend la nécessité de protéger la position de supériorité que procure ce statut contre les élèves qui refusent de s’y soumettre. Pourtant, l’enseignant doit aussi faire en sorte que ses élèves s’emparent des connaissances plutôt qu’ils ne les absorbent passivement. Il lui faut alors organiser la confrontation entre ce que les élèves savent déjà - ou croient savoir - et le savoir institué, entre les questions des élèves et les éléments de réponses que contiennent les programmes, entre les cheminements des élèves et les contraintes de la formation. Les situations pédagogiques que l’enseignant met en place, la manière dont il organise l’espace, le temps et le groupe exigent des compétences que son simple statut de dépositaire du savoir ne lui donne pas d’emblée.
Son autorité est donc aussi fondée sur sa compétence de pédagogue qui consiste à faire en sorte que les élèves s’autorisent à exercer leur esprit critique et qu’ils accèdent à l’autonomie. C’est dans cet esprit qu’un dispositif comme les "itinéraires de découverte", par exemple, faisait largement appel à l’initiative des élèves et au travail d’équipe.
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L’autorité de l’auteur, qui autorise (avoir de l’autorité)
Le sens premier du mot "autorité" est attaché à l’auteur (auctor). Avoir de l’autorité, c’est avoir cette confiance suffisante en soi, être suffisamment maître de sa propre vie pour accepter de se confronter à l’autre avec son savoir et ses manques, en ayant le souci de lui ouvrir des voies vers l’autonomie, de l’aider à poser des actes lui permettant de s’essayer à être auteur lui-même.
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Vouloir imposer le savoir, qu’il soit élémentaire ou savant, en ignorant la façon dont les élèves se représentent le monde dans lequel ils vivent, en méprisant leurs connaissances, leurs centres d’intérêt, leurs préoccupations, leurs problèmes, c’est confondre confrontation et affrontement. En prétendant juguler la violence en déployant un arsenal de sanctions et de gratifications, on ne fait que montrer un peu plus des attributs de pouvoir et opposer une violence institutionnelle à la violence ordinaire qui gangrène l’institution scolaire et qu’il n’est pas question d’ignorer.
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L’avis d’Eric Debarbieux, directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école
"Non seulement, je ne crois pas à l’efficacité de la mesure, comme l’ont montré des évaluations de programme de prévention de la violence, mais je pense qu’elle peut être contre-productive", affirme-t-il.
Selon le chercheur, la violence ressort de plus en plus d’un fonctionnement collectif avec des groupes d’élèves s’identifiant contre l’institution. Et "cette identification peut être accélérée par tous les miroirs tendus qui authentifient les mauvais élèves". Comme la note de vie scolaire.
Le Monde du 23 11 06
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Aucun savoir élémentaire ou savant, aucun arsenal de sanctions ni de gratifications ne dispenseront les enseignants de considérer que la transmission des connaissances passe par la communication et la parole échangée.
C’est donc à l’intérieur même de la situation d’apprentissage que s’enracine l’autorité et c’est là que se construit un sens capable de mobiliser les élèves à condition que, dans le même temps, la vie de l’établissement donne authentiquement à ces derniers l’occasion d’exercer des responsabilités... et qu’elle donne l’exemple d’une institution qui respecte elle-même les règles du jeu.
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L’arbitraire n’est pas une preuve d’autorité
Au collège Lambda par exemple, un tronçon de quinze mètres de couloir est interdit aux élèves. Pour se rendre au CDI, ils doivent descendre dans la cour par l’escalier A, passer sous le préau, puis remonter par le B, en franchissant quatre-vingt-six marches et cinq portes coupe-feu. Pas question d’emprunter le couloir interdit.
Interdit pourquoi ? Pour ne pas troubler la paix de la salle des profs. Naturellement Arthur a traversé la zone défendue. Au pion qui lui ordonnait une marche arrière, il a fait remarquer que la condamnation était injuste puisque le règlement (largement étudié en classe) ne prévoyait pas la condamnation du couloir. Ce à quoi il s’est vu répondre que la tranquillité de la salle des profs était prioritaire sur le règlement.
Gilbert Longhi "L’arbitraire n’est pas une preuve d’autorité" Cahiers pédagogiques N° 426 "l’autorité", sept-oct 2004
On ne respecte pas la loi parce qu’on la craint mais parce qu’on a intégré, intériorisé les normes et qu’on en comprend donc l’utilité pour permettre le "vivre ensemble".
Philippe Watrelot "La note de vie scolaire : une fausse bonne idée"
Cahiers pédagogiques
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Pour toutes ces raisons, une partie des enseignants a le sentiment que la "note de vie scolaire" n’est pas en mesure de résoudre les problèmes d’échec et d’incivilité tandis que d’autres, au contraire attendent que cette note soit l’emblème des mesures disciplinaires qui permettraient de ramener le calme et de garantir une autorité qu’ils ne peuvent plus imposer par leur seul statut... |