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Près de 70 % des jeunes d’une classe d’âge obtiennent le baccalauréat et la plupart d’entre eux font des études supérieures. Cette augmentation du niveau scolaire de la population est une bonne chose pour les individus et pour la société. Mais en même temps, comme le montre le mouvement anti-CPE, cet accroissement engendre un certain nombre de difficultés.
1° Il semble que cette massification n’ait pas forcément tenu ses promesses en termes d’égalité des chances quand l’on compare le recrutement social des formations sélectives et élitistes à celui des formations moins prestigieuses.
2° Dès lors que le nombre des diplômés s’élève considérablement, le sort des jeunes dépourvus de qualifications scolaires se dégrade, comme l’indique leur taux de chômage.
3° La distance entre le nombre de diplômés et celui des emplois qualifiés qui leur correspondent à priori entraîne, notamment dans les formations universitaires de masse, des phénomènes de déclassement, d’inquiétude et de frustration.
4° L’accroissement de la compétition scolaire provoque un phénomène d’orientation négative vers les formations techniques et professionnelles alors même que le marché du travail appelle ce type de qualification.
À partir de ce constat, beaucoup sont tentés de conclure qu’il faudrait revenir en arrière et limiter l’allongement des études et l’accès aux formations supérieures. Évidemment, ce choix conduirait à exclure les élèves les plus fragiles des formations longues sans dire pour autant ce que deviendraient ces élèves, mais la tentation est forte comme le montre le projet d’instauration de l’apprentissage à 14 ans. De plus, bien des pays ont des taux de scolarisation longue aussi élevés que celui de la France, sans connaître pour autant les mêmes difficultés. Plutôt que rêver de limiter la massification scolaire, peut-être faudrait-il penser à changer les règles du jeu à l’intérieur même du système scolaire. |