Le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge
Ce drapeau est constitué du bleu et du rouge, couleurs de la ville de Paris
qu'entoure le blanc de la royauté. C'est sous la Révolution française,
entre le dimanche 12 et le vendredi 17 juillet 1789, que les trois couleurs
sont adoptées comme couleurs de la liberté. Le drapeau totalement
blanc de la monarchie flotta pour la dernière fois sur un bâtiment officiel
à Paris le 31 juillet 1830, sur l'hôtel royal des Invalides, et à Alger
le 16 août de la même année (Un peu plus tard dans les îles lointaines,
où la nouvelle du changement de drapeau parvint plus tardivement). Quant
au drapeau rouge, symbole de la révolution, il a failli remplacer le drapeau
tricolore, en 1848, lorsqu'une nouvelle révolution secoue la monarchie.
Lamartine, au terme d'une joute oratoire de près de cinq heures, réussit
à faire acclamer le drapeau tricolore sur les marches de l'Hôtel de Ville
de Paris, comme la continuité de la Nation française. Après la chute du
second empire, le drapeau blanc fut à nouveau l'enjeu de la République.
Sollicité pour prendre la tête d'une monarchie constitutionnelle, Henri
d'Artois (1820-1883) posa une condition sine qua non pour monter sur le
trône en 1873 : abolir le drapeau tricolore, symbole de la mort du roi.
Cette exigence, inacceptable pour les républicains, élimina le futur Henri
V d'Artois du pouvoir et aboutit à l'instauration de la troisième république.
Aujourd'hui encore, le drapeau blanc est toujours l'emblème des
légitimistes, qui refusent le drapeau tricolore, entaché selon eux du sang
de Louis XVI.
Marianne et la devise de la République
Marianne est la figure allégorique de la République française, coiffée
d'un bonnet phrygien. Des femmes célèbres, et des actrices, ont
prêté leur visage à Marianne, comme Laetitia Casta, Brigitte Bardot, Catherine
Deneuve et Michèle Morgan. Elle incarne la République et représente la permanence
des valeurs incarnées par la devise : « Liberté, Égalité, Fraternité »
que la IIIe République a adopté comme symbole officiel. La liberté est définie
dans la Déclaration des droits de l'homme de 1795 : « La liberté consiste
à pouvoir faire ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui ». (« Vivre
libre ou mourir » fut une grande devise républicaine). Le mot Égalité
signifie que la loi est la même pour tous. La Fraternité est définie dans
la Déclaration des droits et devoirs du citoyen : « Ne faites pas à
autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit ; faites constamment aux
autres le bien que vous voudriez en recevoir ».
L'hymne national : La Marseillaise
La Marseillaise fut le « Chant de guerre pour l'armée du Rhin ».
Elle fut composée par l'officier français du génie Claude-Joseph Rouget
de Lisle en 1792. Le statut d'hymne national fut confirmé dans les constitutions
de 1946 et 1958. Valéry Giscard d'Estaing fit diminuer le tempo
de la Marseillaise afin d'atteindre le rythme original. Celle qui
est donc jouée aujourd'hui, est donc une adaptation de la première version
officielle de 1887.
Le logotype de la République
Le gouvernement français s'est doté en septembre 1999, sous le gouvernement
Jospin, d'un logotype rappelant le drapeau du pays sous la forme
d'un rectangle allongé où la partie blanche prend la forme d'une
effigie de Marianne vue de profil et contournée, c'est-à-dire regardant
vers la droite. Sous le rectangle figure la devise de la République « Liberté
? Égalité ? Fraternité » et sur une deuxième ligne la mention République
française (avec une faute de typographie, la majuscule à « Française »,
mais qui ne se remarque pas puisque les minuscules sont représentées en
petites capitales). Les majuscules associées « RF » constituent
par ailleurs un monogramme qui a longtemps fait fonction de logotype et
qui figure encore sur de nombreux bâtiments publics. Il est utilisé par
les institutions du gouvernement (ministères, secrétariats d'État, etc.)
et par les préfectures, services déconcentrés de l'État dans les départements
et les régions. Quant au Grand Sceau de France, dont l'effigie représente
la Liberté sous les traits de la déesse Junon assise, coiffée d'une couronne
de laurier, il est utilisé lors d'une « cérémonie de scellement »,
à la Chancellerie où le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, conserve
la presse à sceller et les matrices uniques du Sceau de l'État fixés sur
un meuble commandé par Cambacérès en 1810.