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L'école de Jules Ferry |
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Jules Ferry et la "pédagogie nouvelle" |
Les instituteurs vont donc être appelés à remplacer l’instruction "morale et religieuse" - qui figurait en tête des lois Guizot et Falloux - par une instruction "morale et civique". Ils devront en outre apporter à tous les enfants du peuple français les éléments fondamentaux des savoirs instrumentaux (lire, écrire, compter), culturels (littérature, histoire, géographie, sciences) pratiques (connaissances appliquées à la vie quotidienne et aux métiers) de la gymnastique et de l’expression artistique.
Pour mettre en œuvre ce programme, Jules Ferry prévoit dans les écoles normales une formation qu’il prolonge par des prescriptions très strictes "réglant l’organisation pédagogique et le plan d’études des écoles primaires publiques". On a souvent retenu de cela l’idéal fantasmatique qui voudrait que tous les instituteurs de France enseignent la même chose, au même moment, dans chaque classe d’un même niveau afin de créer une Nation républicaine universaliste.
Mais dans le même temps, Jules Ferry prend soin, au chapitre des méthodes, de préciser qu’il convient de ne pas s’en tenir à "une suite de procédés mécaniques, ni [au] seul apprentissage de ces premiers instruments de communication : la lecture, l’écriture, le calcul, ni [à] une froide succession de leçons exposant aux élèves les différents chapitres d’un cours."L’enseignement civique qu’il entend imposer passe par le développement de la curiosité intellectuelle, de l’ouverture sur l’environnement de l’école à travers les "leçons de choses", par la pratique d’activités dans lesquelles on demande à l’élève d’exercer ses capacités d’observation, d’esprit critique et de création. Il s’agit de "faire découvrir [aux élèves] les conséquences d’un principe, les applications d’une règle, ou inversement les principes et les règles qu’ils ont déjà inconsciemment appliquées."
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"Oui, il est possible qu’au bout d’un an ou deux nos petits enfants soient un peu moins familiers avec certaines difficultés de la lecture ; seulement, entre eux et les autres, il y a cette différence : c’est que ceux qui sont forts sur le mécanisme ne comprennent rien à ce qu’ils disent, tandis que les nôtres comprennent."
Jules Ferry. Cité par Jacques George.
Voir l'article de Jacques George "Quoi de nouveau depuis Sumer ?" en ligne sur le site des Cahiers pédagogiques en complément du dossier N°439 "Quel socle commun?" Janvier 2006."
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Symétriquement, il encourage les enseignants à user de liberté en matière de pédagogie dans la limite de leurs responsabilités.
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"De même que la pédagogie nouvelle est fondée sur cette pensée qu’il importe bien plus de faire trouver à l’enfant le principe ou la règle que de les lui donner tout faits, de même, Messieurs, l’administration de l’instruction publique, telle que je la comprends, doit s’occuper essentiellement de susciter l’énergie des maîtres et mettre partout en jeu leur initiative et leur responsabilité."
Jules Ferry, Réunion annuelle des sociétés savantes, Pâques 1880.
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