L'école de Jules Ferry |
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L'école du XIXe siècle ne connaît pas l'échec scolaire |
Les meilleurs instituteurs étaient donc ceux qui, ayant opéré la meilleure sélection, obtenaient le plus grand nombre de réussites au certificat d'études. C'est ainsi que l'école du XIXe et de la première moitié du XXe siècle ignorait l'échec scolaire, et qu'on peut affirmer sans crainte de se tromper que le niveau du certificat d'études était alors excellent puisqu'on excluait des statistiques ceux que l'instituteur ne présentait pas à l'examen ! Mais cette excellence était des plus relatives quand on sait que la proportion d'exclus pouvait représenter un nombre considérable d'élèves scolarisés.
Une étude (8) de Christian Baudelot et Roger Establet montre par exemple que dans les Bouches-du-Rhône, en 1880-1881, sur un total de 11 700 élèves en âge de passer le certificat d'études, seuls 1 328 sont présentés et 822 admis. Certes, grâce à l'instruction obligatoire, le pourcentage d'élèves sortant de l'école sans le certificat n'est plus que de 70 à 75 % vers 1900 et de 50 % en 1950. Très rares sont ceux qui s'alarment du fait qu'une telle quantité d'élèves se montre incapable de satisfaire aux épreuves sanctionnant la fin de l'enseignement élémentaire. L'école n'y voit pas de raison de se remettre en cause et fait reposer la responsabilité de cette incapacité sur les élèves eux-mêmes.
(8) Voir
"Le niveau monte" 1989