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Les solutions de l'Ecole nouvelle |
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Une pédagogie au service des plus faibles |
Les adversaires des approches constructivistes ne manquent pas de rappeler ce fait avec insistance. Mais ils oublient que, dans le même temps, Ferdinand Buisson et son collaborateur, le libertaire Paul Robin (10), développent dans un tout autre esprit ce qu'ils appellent un "enseignement libéral" et qu'il faut comprendre comme "facteur de libération". Or, Ferdinand Buisson, ancien élève de Condorcet, membre de l'Association nationale des libres penseurs et co-auteur du Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, est un proche de Jules Ferry qui l'avait nommé directeur de l'enseignement primaire.
(10) N. Brémand, Cempuis : une expérience d'éducation libertaire à l'époque de Jules Ferry, 1880-1894, Paris : ed. du ML, 1992.
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"On peut dire qu'on instruit [l'élève] par l'intuition […] toutes les fois qu'au lieu de lui faire suivre passivement son maître et répéter docilement une leçon toute faite, on le provoque à chercher, on l'aide à trouver, on le met sur la voie, suivant une vieille et bien juste image, lui laissant ensuite le mérite d'y faire quelques pas de lui-même.
[…] En lecture, au lieu de lui faire passer en revue toutes les lettres et toutes les syllabes vides de sens, on lui donne, dès qu'il sait deux ou trois lettres, de petits mots qui occupent sa pensée, satisfont son imagination, aiguisent sa curiosité pour les leçons suivantes […]".
Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire 1880-1887
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Dans la même mouvance, entre la première moitié du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle, il faudrait citer Heinrich Pestalozzi en Suisse, Janusz Korczak en Pologne, Anton Makarenko en URSS, Célestin Freinet en France et bien d'autres qui, pour la plupart, se sont intéressés aux enfants défavorisés - malades, orphelins, enfants des rues, élèves d'une petite école rurale - en postulant l'égalité fondamentale entre tous les êtres humains, en s'appuyant sur des méthodes actives et en introduisant de la démocratie dans l'organisation de l'institution scolaire.
Enfin, il ne faut pas oublier le vif débat qui opposa Célestin Freinet, alors militant au parti communiste, et Adolphe Ferrière lors du congrès de Calais, en 1921, où fut fondée la Ligue internationale de l'Education Nouvelle. Il s'agissait de savoir quelle société l'école préparait : une société régie par la loi du plus favorisé, du plus fort, du plus prompt et du plus malin ? Ou bien une société fondée sur les capacités de tous à accéder à la connaissance et à l'esprit critique de manière à ce que chacun devienne capable de prendre part de manière active à la vie de la Cité ?
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