Le demi-échec du "collège unique" |
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La nostalgie a de beaux jours... |
Il en résulte cette incompréhension des parents vis-à-vis d'une école qui ne ressemble plus à celle que la mémoire collective a reconnue dans l'image exaltée que Charles Péguy a donnée des "hussards noirs de la République". Habités du sentiment que l'école a contribué à les armer pour la vie, ou, du moins qu'elle a le devoir d'armer leurs enfants, les parents, selon l'enquête sur "La perception de l'école d'hier et de demain" réalisée en 2006 dans le cadre des entretiens Nathan, "se placent dans une "logique de service", alors que les enseignants s'attachent aux missions de l'école et à sa fonction émancipatrice"...
Ces deux points de vue ne sont pourtant pas incompatibles s'ils entrent dans la perspective d'une société qui mettrait en œuvre une démocratie effective et qui, plutôt que d'offrir à ses enfants une "égalité des chances" qui n'est que l'uniformisation d'une théorique offre d'instruction, donnerait réellement à tous les moyens d'acquérir les compétences de futurs citoyens actifs et éclairés.
Lire sur le site des éditions Nathan le compte rendu des Entretiens Nathan 2006 "Quel avenir pour l'école ? Entre passéisme nostalgique et utopie moderniste"
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En attendant, le débat sur l'école s'enlise dans les querelles sans issue où chaque camp se renvoie à la tête les arguments schématiques qu'on s'échangeait déjà bien avant la disparition du CEP.
Et Jules Ferry, qui n'espérait sûrement pas ça, se trouve aujourd'hui invoqué, cité, accaparé, kidnappé, torturé de tous côtés pour justifier tout et son contraire.
Il faut se méfier de ceux qui éprouvent le besoin d'aller chercher des références en dehors de leur famille de pensée. Il vaut mieux, certes, prendre en considération les idées rousseauistes d'un Hyppolite-Lazare Carnot (11) - qui partagea un temps les théories socialistes utopiques de Saint-Simon et qui vit avec satisfaction Jules Ferry appliquer son projet de rendre l'instruction laïque, gratuite et obligatoire - que d'écouter le voltairien Adolphe Thiers discourir sur les "libertés nécessaires" après avoir déclaré qu'il préférait financer la police plutôt que l'éducation du peuple et avant d'écraser comme l'on sait l'insurrection de la Commune...
Pierre Madiot, rédacteur aux Cahiers pédagogiques.