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Littérature indienne



Quand apparaît la littérature indienne ?

La littérature indienne serait la plus ancienne du monde ! Les vedas, textes écrits dans une langue indo-européenne, le sanskrit, enracinée en Inde au deuxième millénaire av. J.-C., seraient beaucoup plus anciens et transmis d’abord par tradition orale. Le plus ancien est le Rig-Veda, « connaissance des vers », qui célèbre divers dieux est à l’origine de la religion hindouiste.
Comme les trois autres Veda: Yajur-Veda, Sama-Veda et Atarva-Veda, le Rig-Veda se divise en quatre parties : le Samhita contient les mantras et les hymnes ; le Brahmana : les textes liturgiques et de rituel ; l’Aranyaka : la théologie ; enfin, l’Upanishad : la spéculation intellectuelle et mystique.


Quelles sont les œuvres fondatrices de la littérature indienne ?


De grandes épopées, comme le Mahabharata, le Ramayana ou le Kamasutra ont traversé les siècles et font partie du patrimoine culturel de l’humanité.
Le Mahabharata est le plus long poème du monde : 250 000 vers. Ecrit avant le IVe siècle avant notre ère, il raconte la guerre entre deux familles royales, les Pandava et les Kaurava, pour le même trône. Au sein de ce poème s’intègre la Bhagavad Gita, dans laquelle se trouve l’enseignement du dieu Krishna et les cinq vérités : ishvara (la forme divine), jiva (l’âme), prakrti (la matière), karma (l’action), et kala (le temps).
C’est une véritable vision du monde que propose le Mahabharata, comme ces vers en témoignent :
« Telle est la somme du devoir : ne fais pas aux autres ce qui, à toi, te causerait de la peine. » (Mahabharata, V; 15,17)
« Tu pleures sur ceux, sur lesquels il ne faut pas pleurer, et pourtant tu profères des paroles qui semblent sages. Les sages ne pleurent ni sur les morts, ni sur les vivants “ (Mahabharata VI, Bhagavad-Gîtâ, II; 11)
« Celui qui, abandonnant tous les désirs, vit libre de toute entrave personnelle et de tout égoïsme, celui-là obtient la paix. » (Mahabharata VI, Bhagavad-Gîtâ, II; 71)
« De l'harmonie naît la Sagesse et du mouvement la cupidité ; la paresse et l'illusion naissent de l'inertie, ainsi que l'ignorance. » (Mahabharata VI, Bhagavad-Gîtâ, XIV; 17)
« Ceux qui vivent dans l'harmonie, s'élèvent ; les actifs restent dans la région intermédiaire ; les inertes descendent, enveloppés des plus viles qualités. » (Mahabharata VI, Bhagavad-Gîtâ, XIV; 18)
Comme le Mahabharata, « conte des descendants de Bharata, fondateur mythique de l’Inde), le Ramayana « la vie de Rama » abonde en thèmes religieux insérés dans l’épopée. C’est pourquoi les deux poèmes sont considérés comme des œuvres sacrées de l’hindouisme.
Plus tard, le Kamasutra, « Aphorismes de l’amour charnel », Kama étant le dieu hindou de l’amour charnel donne des conseils pour la séduction et la vie amoureuse. Composé au IIIe de notre ère par le sage Vatsyayana, ce poème est un classique universel de la littérature érotique.


Entre les textes fondateurs et la colonisation, quelle évolution ?

Dispersée entre quinze à dix-huit langues littéraires et des milliers de dialectes - la langue littéraire est souvent distincte de la langue quotidienne. - avec une tradition orale très présente, on ne peut comparer l’histoire de la littérature indienne avec celle des pays occidentaux.
Les textes fondateurs imprègnent toute la littérature indienne classique, constituée d’une réinterprétation des textes. Des contes, des romans, des poèmes respectent, quelle que soit la langue utilisée, les canons fixés par les prototypes sanskrits.
Nombreuses sont les langues littéraires. Parmi elles, le bengali a une place à part. Alors que l’ourdou est surtout une langue poétique prisée par les Moghols et les musulmans, ou le pendjabi une langue locale du nord-ouest de l’Inde, le bengali est la langue de grandes œuvres littéraires. Les premières œuvres en bengali sont apparues à partir du Xe siècle. Ce sont des textes d'inspiration religieuse comme la Gîta Govinda. Du XIIe au XIVe siècle, la création littéraire est très limitée par l’occupation musulmane. À partir du XIVe siècle, le bengali devient la langue de la connaissance, avec des auteurs comme Krittibâs, Mâlâdhara Basu ou encore Khâshirâm Dâs. Le sanskrit demeurant la langue religieuse. Au XVIIe siècle, le folklore est la principale source d’inspiration des auteurs. Le grand écrivain, Prix Nobel de littérature en 1913, Rabîndranâth Tagore, est d’origine bengalie et utilise également le folklore populaire dans ses œuvres.



Quelle influence a eu le colonisateur britannique ?


Elle est immense ! Alors que, jusqu’au XIXe siècle, la poésie constituait l’essentiel de la littérature indienne, l’ouverture au monde que constitue aussi l’arrivée des Britanniques introduit de nouvelles formes littéraires : roman, nouvelles, essais, pièces de théâtre à l’européenne… Le contenu-même de la littérature indienne change : le religieux, le mystère, l’ésotérisme, s’effacent pour s’attacher à l’homme réel, la société, les aspirations ou les souffrances de chacun. Compte tenu de l’archaïsme des structures sociales et des injustices du système colonial, le thème de l’individu victime de l’oppression, celui de la volonté de réforme sociale, puis la revendication d’aspirations nationales sont présents dans la littérature indienne du XIXe et de la première moitié du XXe siècle.
Nombreux sont les auteurs, mais bien peu acquièrent une renommée mondiale, à l’exception du maître de la littérature bengali, Rabindranâth Tagore (1861-1941). Cet écrivain aux multiples talents - poète et romancier, peintre, musicien, réformateur social, essayiste – recherche dans la tradition de son pays les idées universelles. Connu dans le monde entier – c’est André Gide qui le traduit en français -, il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1913 pour son livre L’Offrande lyrique.

Quelle est la littérature indienne d’aujourd’hui ?

Actuellement, le plus connu dans le monde, le plus contesté aussi, de la littérature indienne est Salman Rushdie, né à Bombay en 1947. Toute son histoire montre la complexité de la littérature indienne. Né en Inde, élevé au Pakistan, de religion musulmane, écrivant en anglais, il se fait connaître par son roman Les Enfants de minuit (1981) et est le premier écrivain non britannique à recevoir le Booker Prize. Le roman mêle l’histoire de l’Inde nouvellement indépendante et celle de Saleem Sinai, né à Bombay à minuit, le 15 août 1947, à l'Indépendance de l'Inde ; le moment de sa naissance lui donne le pouvoir magique de communiquer par télépathie avec tous les autres enfants nés le même jour, lesquels ont aussi leur propres pouvoirs magiques. C’est avec Les Versets sataniques que l’écrivain devient universellement connu. Le thème du roman est l’histoire de deux Indiens tombant sur la terre après l'explosion de l’avion dans lequel ils se trouvaient. Au moment où ils arrivent sur terre, l'un a une auréole, l'autre des sabots et des cornes ; le roman mêle magie, religion musulmane et conte. L’appel au meurtre du romancier par l’ayatollah iranien Khomeini le contraint à vivre caché et protégé.
D’autres écrivains indiens ont conquis un public international. Parmi elles, les femmes sont nombreuses. Arundhati Roy, née en 1961, a passé son enfance dans le Kerala, un État pauvre du sud de l'Inde. Elle reçoit le célèbre Booker Prize avec son roman Le Dieu des petits riens en 1997. Elle est une figure de l’altermondialisme et du pacifisme. Jhumpa Lahiri, est née en 1967 à Londres de parents indiens, a reçu le prix Pulitzer de la fiction en 2000 pour son recueil de nouvelles, L'Interprète des maladies, dont la plupart des personnages sont des Indiens ou des personnes d’origine indienne, comme elle-même. Abha Dawesar, née à New Delhi en 1974, s’est établie à New York. En 2000, elle publie Miniplanner, qui se passe à New York, puis en 2005 Babyji, dont l'héroïne est une adolescente indienne de classe moyenne qui recherche de nouveaux horizons, intellectuels et sexuels.
Rohinton Mistry, né à Bombay en 1952, est révélateur de l’influence littéraire indienne : il écrit en anglais, sur des thèmes de l’émigration et de l’intégration d’Indiens dans le monde occidental. Installé au Canada depuis 1975, il en a pris la nationalité. Né à Trinidad en 1932 dans une famille hindoue, anglophone, V. S. Naipaul, prix Nobel de littérature en 1991, est toutefois souvent rangé dans le monde littéraire indien.
Amitav Gosh, né à Calcutta en 1956, a reçu le Prix Médicis étranger pour le Cercle de Raison; vivant aux États-Unis et écrivant en anglais, il revendique ses racines, expliquant que : « On a dit à juste titre que l’Inde n’avait rien donné de plus important au monde que ses légendes. » De même, Tarun Tejpal dont son livre, Loin de Chandigarh, a connu un immense succès, fait partager au monde entier le charme de la vie grouillante et de la rumeur incessante de l’Inde.

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