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Fiche d'accompagnement
Mondialisation

L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet de la vidéo que vous avez visionnée : une remise en contexte, des clés pour comprendre, quelques chiffres et les points qui font débat. Bonne lecture !

Mondialisation

L’ouverture des économies, la multiplication des échanges économiques, culturels et sociaux favorisées par les progrès technologiques depuis deux décennies a donné un nouveau visage à notre planète : c’est la mondialisation, qui fait du monde un « village global ». Source de richesses et de développement, elle est aussi en accusation, faisant perdre aux nations leur puissance, leur capacité de protection et leur identité.

1. Repères historiques

Ce que nous appelons aujourd’hui « mondialisation » est une accélération, depuis les années 1980 d’un phénomène mondial d’intégration économique et culturelle commencé à la fin du XVe siècle avec les grandes découvertes (Amérique, Asie). Les progrès techniques ont permis un fantastique développement des échanges matériels (grâce au progrès des transports), financiers (grâce à la libéralisation des transactions) et culturels (avec les technologies de la communication).

Si elle s’inscrit donc dans une longue histoire, la mondialisation actuelle est un processus original:

  • - diffusion générale de l’économie de marché,
  • - unification financière de la planète,
  • - organisation de la production au niveau mondial,
  • - diffusion instantanée des informations.

Différents événements historiques ont permis cette mondalisation :

  • - la libéralisation financière des années 1980, avec la libre circulation des capitaux,
  • - l’acceptation par la majorité des États de l’économie de marché, avec la fin des régimes communistes au début des années 1990,
  • - la « massification » des transports, avec la multiplication des échanges de biens et de personnes à partir des années 1980,
  • - la révolution des technologies de la communication, dont Internet, à partir de la fin des années 1990, est le symbole.

Si la mondialisation s’inscrit dans un mouvement continu d’ouverture internationale, elle n’en est pas moins profondément originale : la concurrence est désormais globale, et des industries non compétitives (à cause de salaires trop élevés ou d’une qualification trop faible, par exemple) ne peuvent plus survivre ; les capitaux s’investissent là où leur rentabilité est la plus forte, entraînant la délocalisation de pans entiers de l’économie. Pour la culture ou les modes de vie, le phénomène est également sensible : les mêmes marques, les mêmes produits se retrouvent dans le monde entier, contribuant à gommer les identités nationales. Les nations, sauf à se refermer sur elles-mêmes et à s’affaiblir, sont contraintes d’accepter cette ouverture qui les remet profondément en cause.

2. Un premier bilan de la mondialisation

Au niveau économique, la mondialisation est un moteur de croissance. Avec une concurrence au niveau mondial, les prix baissent et le choix des consommateurs est plus important.

Mais l’organisation de la production au niveau mondial implique des délocalisations, les entreprises produisant là où c’est le plus rentable. Les industries, ayant besoin d’une main-d’œuvre peu qualifiée, ferment leurs usines dans les pays développés pour en ouvrir dans les pays pauvres, où la main-d’œuvre est bon marché. Les salariés peu qualifiés des pays riches sont donc menacés par le chômage.

En ce qui concerne les pays en développement, les délocalisations leur profitent et permettent leur décollage économique. C’est la cas des pays d’Asie, au premier rang desquels la Chine, et dans une moindre mesure de l’Amérique Latine.

Aux niveaux culturel et politique, l’uniformisation des modes de vie (la culture « MacDo ») permet aux pays en développement d’accéder à un niveau de consommation satisfaisant, mais au prix de la perte des cultures locales. Les États perdent de leur pouvoir et peuvent difficilement s’opposer aux stratégies des firmes multinationales. Malgré l’intervention des organisations internationales, les décisions d’entreprises gigantesques peuvent faire courir des risques à des populations fragiles (lutte contre le sida, sécurité alimentaire, par exemple).

3. Données économiques

Le phénomène économique le plus critiqué de la mondialisation est celui des délocalisations. Pourtant, en France, les spécialistes estiment à seulement de 3 à 10 % du total des destructions d’emploi celles qui leur sont dues. C’est donc un coût faible, à comparer aux près de 300 000 emplois attribuables aux échanges internationaux, ces derniers représentant 0,2 point de croissance par an.

Globalement, la croissance mondiale est de l’ordre de 5 % par an grâce à la mondialisation. Cette croissance profite d’abord aux pays émergents, ces pays en développement rapide d’Asie du Sud-Est et d’Amérique Latine : c’est grâce à la mondialisation que des centaines de millions de Chinois ou d’Indiens sont sortis de l’extrême pauvreté. L’Afrique tire peu parti de la mondialisation car elle ne représente qu’1 % du commerce international.

L’aspect financier de la mondialisation économique montre la mainmise des pays développés, critiquée par les mouvements altermondialistes, sur l’économie globale. Ainsi, seuls 10 pays développés contrôlent 86 % de l’investissement à l’étranger mondial. La montée en puissance des multinationales est parallèle : les 100 premiers groupes mondiaux sont responsables du tiers de l’investissement à l’étranger mondial. Ces échanges financiers ont une ampleur sans rapport avec l’économie réelle : plus de 1 500 milliards de dollars s’échangent chaque jour alors que les échanges de biens et de services portent sur 100 milliards.

4. La mondialisation au quotidien

Tous les jours, nous profitons de la mondialisation : les biens et services produits dans des pays à faible coût de main-d’œuvre (appareils électro-ménagers, jouets, ordinateurs, téléphonie) ont vu leur prix s’effondrer. Les fleurs que nous achetons sont produites au Pérou, nos jouets en Chine, nos fours et machines à laver en Europe de l’Est.

Notre façon de vivre elle-même s’adapte à la mondialisation. Prendre l’avion n’est plus un luxe réservé à une élite et les télécommunications internationales ont vu leur prix divisés par près de 100 en 20 ans !

Il n’y a pas que l’offre de biens et services qui a été modifiée par la mondialisation : les emplois industriels dans notre pays ne résistent que dans des secteurs de pointe. L’industrie textile n’existe quasiment plus en France et les emplois peu qualifiés de moins en moins nombreux. C’est pourquoi l’objectif des pouvoirs publics d’augmenter le niveau de formation est essentiel. Seuls des métiers très qualifiés peuvent nous donner un avantage comparatif nous permettant de conserver notre style de vie et de financer notre protection sociale.

La mondialisation culturelle a aussi des conséquences dans notre vie quotidienne ; les émissions de télévision, les séries télévisées se retrouvent identiques sur les écrans du monde entier ; plus de deux films sur trois en Europe sont américains!

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