L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet de la vidéo que vous avez visionnée : une remise en contexte, des clés pour comprendre, quelques chiffres et les points qui font débat. Bonne lecture !
Surpris de n'avoir plus aucun souvenir de la première guerre du Liban, Ari part à la rencontre de ses anciens camarades de guerre maintenant éparpillés dans le monde entier. Au fil des rencontres, sa mémoire est parasitée par des images surréalistes.
Valse avec Bachir est un « documentaire d’animation » : les personnages et les témoignages sont réels, mais ont été recréés sous une forme animée. Le film est un mélange d’animation Flash, d’animation classique et d’animation en 3D. Contrairement à ce que l’on pourrait croire le film n’utilise pas le système du rotoscope (qui consiste à repeindre l’image sur la vidéo).
Etat créé en 1920 (après le démantèlement de l’empire ottoman) et indépendant depuis 1946, le Liban est une démocratie fragile basée sur un partage du pouvoir entre les principales communautés religieuses (chrétiens maronites, musulmans sunnites et musulmans chiites). A partir 1948, le Liban est destabilisé par l’afflux des réfugiés palestiniens, et la présence de l’O.L.P. de Yasser Arrafat, qui mène une guerre larvée contre Israël. L’O.L.P. est soutenue par la Syrie voisine, qui n’a jamais accepté l’indépendance du Liban.
Au moment des événements racontés par le film, le Liban est en proie à une guerre civile qui se poursuit depuis 1975 entre les différentes communautés soutenues par les deux puissances frontalières, la Syrie et Israël.
Le 6 juin 1982, l'armée israélienne lance l’opération « Paix en Galilée » pour éradiquer les bases de l’O.L.P. au Sud-Liban, et libérer le pays de l'emprise syrienne. Elle est alliée aux Forces libanaises, la milice chrétienne dominée par le parti phalangiste de la famille Gemayel.
Le titre du film fait allusion au leader chrétien maronite Bachir Gemayel, élu en août 1982 président d’un Liban occupé par l’armée israélienne. C’est son assassinat quelques semaines plus tard, le mardi 14 septembre 1982, qui déclenchera le massacre de Sabra et Chatila.
Le jeudi 16 septembre, en fin d’après-midi, les troupes phalangistes avides de vengeance entrent dans les camps de Sabra et Chatila pour y débusquer les derniers combattants de l’O.L.P., avec l’aval de l’armée israélienne (qui occupe Beyrouth-Ouest). Pendant près de quarante-huit heures, ils massacrent hommes femmes enfants et animaux. On estimera le nombre de victimes entre 800 personnes et 1500 personnes.
A la suite de la révélation du massacre et devant l’indignation internationale, le gouvernement israélien institua une commission d’enquête sur les événements. Son rapport (rendu en février1983) concluait à l’absence de responsabilité directe de l’armée israélienne dans le massacre.
En revanche elle épinglait les gradés pour leur responsabilité indirecte : à la fois pour n’avoir pas prévu le comportement des phalangistes qu’ils firent entrer dans les camps, et pour avoir laissé se dérouler le massacre pendant près de quarante huit heures avant d’intervenir. Le plus sévèrement jugé fut le ministre de la Défense de l’époque, Ariel Sharon qui dût quitter ses fonctions à la suite du rapport.
Le site pédagogique de Zérodeconduite.net.