Idées et pratique constitutionnelles du général de Gaulle
par Paul Isoart
De 1940 à 1969, le général de Gaulle a marqué de son empreinte l'histoire constitutionnelle française. Les péripéties sont connues : création d'un « pouvoir » capable de maintenir une force combattante française dans la guerre, présidence du gouvernement provisoire, tentative de rassemblement du peuple français, solitude vigilante du Recours, présidence du cabinet ministériel, enfin, présidence de la République. Tout cela a été plusieurs fois et bien décrit. Il s'agit donc, en utilisant les travaux publiés, d'apporter une simple réflexion personnelle.
Examinons tout de suite un thème qui nous paraît essentiel. Le général de Gaulle a-t-il violé les formes démocratiques de la vie politique française surtout après son retour aux responsabilités suprêmes en 1958 ?
Deux reproches lui sont adressés.
Le premier l'est par Jean Touchard, le général de Gaulle « supporte malaisé ment » les partis et plus précisément ceux de l'opposition. Ce comportement paraît facilement justifiable. Croit-on vrai ment qu'un officier hanté par la grandeur de la France ait pu éprouver la moindre sympathie pour les comportements parti sans des années 1930 et constater sans une certaine surprise l'effondrement total des partis en 1940 ? Quelle a donc été l'attitude de leurs principaux leaders après le désastre militaire ? La réponse à la question posée est cruelle pour beau coup.
Le général de Gaulle constate, au lendemain de la Libération, qu'ils s'affirment plus préoccupés par la reconstruction de groupements bien défaillants au cours de l'épreuve que par la renaissance de la Patrie. Peut-on vraiment soutenir que le régime des partis instauré par la IVe République ait suscité l'enthousiasme populaire ? Quant à « l'intolérance totale à l'égard de l'opposition », qui paraît à Jean Touchard « l'un des traits les plus constants du Général », reconnaissons qu'elle fut verbale et qu'elle n'était pas sans raison. Qui donc a refusé de se rendre aux invitations de l'Elysée ?
Comment oublier les campagnes haineuses conduites en octobre et en novembre 1962 ? Les quolibets, les caricatures, les Insinuations, les dénonciations ne manifestent pas alors une très grande tolérance à l'égard d'un homme toujours préoccupé du destin national plus que de succès électoraux. Dans sa pensée les partis ont, dans un régime démocratique, une tout autre mission que la contestation permanente et systématique.
L'analyse complète 
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