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De gaulle et la constitution de la Ve republique - De Gaulle : discours du 4 septembre 1958, place de la Republique.
 
Idées et pratiques constitutionnelles du général de Gaulle

Les institutions de 1958 et l'Etat de droit par Robert Badinter

La volonté d’une « République nouvelle », par Odile Rudelle

Le nécessaire, le contingent et l’implicite dans la Constitution de 58, par J. Boitreaud

De Gaulle et ses gouvernements, 1959-1969

De Gaulle et le référendum

Le Général et le septennat, par Raymond Janot

Le président de la République et le droit de grâce, par Anne Freyssinier
Rappel des révisions de la Constitution intervenues depuis 1958

Biographie de Michel Debré

Bibliographie
De Gaulle : discours du 4 septembre 1958, place de la République.

André Malraux : discours du 4 septembre 1958

Intervention devant le Comité consultatif constitutionnel, 8 août 1958
Naissance d'une constitution par Raymond Janot

L’élaboration de la Constitution de 1958 : entretien avec Michel Debré
 
De Gaulle : discours du 4 septembre 1958, place de la République.

C'est en un temps où il lui fallait se réformer ou se briser que notre peuple, pour la première fois recourut à la république.

Jusqu'alors, au long des siècles, l'ancien régime avait réalisé l'unité et maintenu l'intégrité de la France.

Mais tandis qu'une immense vague de fond se formait dans les profondeurs, il s'était montré hors d'état de s'adapter au monde nouveau.

C'est alors qu'au milieu du drame national et de la guerre étrangère apparut la république.

Elle était la souveraineté du peuple, l'appel de la liberté, l'espérance de la justice. Elle est restée cela à travers les péripéties agitées de son histoire.

Et aujourd'hui autant que jamais, nous voulons qu'elle le demeure.

Certes la république a revêtu des formes diverses au cours de ses règnes successifs.

En 1792, révolutionnaire et guerrière, elle a renversé les trônes et les privilèges, pour succomber huit ans plus tard dans les troubles et dans les abus qu'elle n'avait pu maîtriser.

En 1848, on l'a dit s'élever au-dessus des barricades, se refuser à l'anarchie, se montrer sociale au-dedans et fraternelle au dehors.

Et puis s'effacer bientôt, faute d'avoir accordé l'ordre avec l'élan du renouveau.

Le 4 septembre 1870, au lendemain de Sedan, on la vit s'offrir au pays, pour réparer le désastre.

De ce fait, la république sut relever la France, reconstituer les armées, recréer un vaste empire, renouer des alliances solides.

Elle sut faire des lois, de bonnes lois sociales, développer l'instruction, si bien qu'au jour de la guerre mondiale, de la première guerre mondiale, elle eut la gloire d'assurer notre salut et notre victoire.

Le 11 novembre, quand le peuple s'assemble et que les drapeaux s'inclinent pour la commémoration, le témoignage que la patrie décerne à ceux qui l'ont bien servie s'adresse aussi à la république.

Cependant, le régime contenait des vices de fonctionnement qui sans doute étaient supportables en une époque statique,

Mais qui étaient incompatibles avec les mouvements humains, les changements économiques, les périls extérieurs qui précédaient la deuxième guerre mondiale.

On y eût remédié, les événements terribles de 1940 emportèrent tout.

Mais quand le 18 juin commença le combat pour la libération de la France, il fut aussitôt proclamé que la république à refaire serait une république nouvelle.

La résistance toute entière ne cessa pas de l'affirmer. On ne sait que trop ce qu'il advint de ces espoirs.

On sait, on ne sait que trop, qu'une fois le péril passé, tout fut livré et confondu à la discrétion des partis. On sait, on ne sait que trop quelles en furent les conséquences.

A force d'inconsistance et d'instabilité, quelles que fussent les intentions et souvent la valeur des hommes,

Le régime se trouva privé de l'autorité intérieure et de l'assurance extérieure sans lesquelles il ne pouvait agir.

Il était inévitable que la paralysie de l'Etat entraînât une grave crise nationale, et qu'aussitôt la république fut menacée d'effondrement.

C'est dans la légalité que moi-même et mon gouvernement avons assumé le mandat exceptionnel d'établir un projet de constitution nouvelle et de le soumettre à la décision du peuple.

Nous l'avons fait sur la base des principes posés lors de notre investiture, nous l'avons fait en coopération avec le conseil consultatif institué par la loi.

Nous l'avons fait compte tenu de l'avis solennel du conseil d'Etat.

Nous l'avons fait après délibération très libre et très approfondie de nos conseils de ministres, ceux-ci formés d'hommes aussi divers que possible de tendances et d'origines et résolument solidaires.

Nous l'avons fait sans avoir à aucun moment attenté à aucun droit du peuple et à aucune liberté publique.

La Nation qui seule est juge approuvera ou repoussera notre oeuvre, mais c'est en toute conscience que nous la lui proposons.

Ce qui dans les pouvoirs publics est aujourd'hui primordial, c'est leur efficacité et leur continuité.


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