Selon l'article 28 de la Convention des droits de l'enfant, le droit à l'éducation doit s'exercer « sur la base de l'égalité des chances ».
Problème, la Convention se garde de préciser en quoi consiste cette fameuse « égalité des chances ». Ce concept ambigu (des chances de quoi ?) est beaucoup décrié aujourd’hui. Sans nier un certain côté dynamique et mobilisateur de cette expression, celle-ci fait courir un risque important de transformer les victimes en coupables en niant l’importance des déterminismes sociaux. « On t’a donné ta chance, tu ne l’as pas saisie, tu n’as que ce que tu mérites ». Personne ne peut plus ignorer que parmi tous les candidats qui se pressent sur la ligne de départ, certains possèdent tous les codes, sont munis des bonnes clés et des bons équipements. Les concurrents les plus mal lotis n’auront pas le choix, ils effectueront le trajet en se traînant sur leurs béquilles, quelle probabilité de les trouver sur la ligne d’arrivée ? Est-ce que la « discrimination positive », donner plus à ceux qui ont moins, serait un moyen nécessaire pour assurer cette fameuse égalité des chances ? Vaste sujet, particulièrement d’actualité, qui occupe le dossier central du dernier numéro des « Cahiers Pédagogiques » et qui vient de faire l’objet d’un colloque suivi par plus de deux cents personnes. Pour en savoir plus, on peut aller voir sur le site des Cahiers pédagogiques.