L'article 12 de la Convention internationale des droits de l'enfant garantit « le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant, les opinions de l'enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ».
Au fil de son parcours scolaire, l'enfant rencontre de nombreuses questions l'intéressant. Peut-il toujours exprimer son opinion sur ces questions ? Il existe peu de cadres institutionnalisés pour faire respecter ce droit. Mais des pratiques existent.
Les règles de vie de nombreuses classes des écoles primaires sont ainsi discutées avec les élèves : ils peuvent décider ensemble, sous la responsabilité de l'adulte, des règles qui conviennent à leur groupe, dans le contexte qui est le leur.
Plus largement, des « conseils » régulent parfois le fonctionnement de la classe ou de l'école : mais ils ne prennent tout leur sens que si la parole exprimée par les enfants est réellement écoutée et prise en compte. Sinon, le dispositif est vite décrédibilisé, et les élèves ne s'y investissent pas.
Autre exemple : l'organisation du travail. Des plans de travail en autonomie, ou des projets personnels, permettent à l'élève de choisir en partie ce qu'il fait, et à quel moment il le fait. Bien sûr, cela demande un suivi précis par l'enseignant pour s'assurer que chaque élève avance. Cela peut aller jusqu'à un système de « brevets », proposé par la pédagogie Freinet, ou de ceintures (Fernand Oury) pour que chaque élève décide du moment où il est prêt à être évalué sur une compétence ou une autre.
Enfin, de manière plus fondamentale encore, il est important de veiller à ce que l’expression, la parole personnelle, trouvent à l’école des moyens d’émerger. Et pas seulement lorsque l’enfant ou l’adolescent va mal, mais aussi parce que, comme le diraient Marcel Rufo et Marie Choquet « parler est en soi un acte de prévention.1 » Parole au quotidien. Parole de veille.