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La Neuville
vue par Françoise Dolto
C’est grâce à Françoise Dolto et à son soutien sans faille que l’école de la Neuville a vu le jour, a perduré face aux multiples difficultés rencontrées, et a évolué au fil de conversations régulières dans son cabinet, jusqu’aux derniers jours de sa vie.
Quelques déclarations* significatives…
Ce qui caractérise cette école
« Il y a à la Neuville, ce que j’appellerai un climat de ventilation de santé : tolérance de ce que chacun fait et éveil dans chaque enfant du sens social. Car très souvent, c’est ce que l’on voit dans le milieu social, l’enfant ne fait que redupliquer sa famille : il voit comme un papa, comme une maman dans les professeurs. Mais à la Neuville, c’est différent, c’est une nouvelle manière d’être, une manière d’être dans en Société à l’école. »
(…) « Je crois que c’est la liberté de parole, la liberté de décision dans un cadre donné. Décision pour soi, à condition que cela ne gêne pas les autres, ce qui est très important. C’est vraiment cela la démocratie : fais ce que tu peux et qui ne dérange pas les autres. Ou tu perds ton temps, ou tu fais quelque chose d’utile pour toi. L’essentiel c’est que cela ne te nuise pas et, si possible, ne te fasse pas trop perdre ton temps. Mais c’est tout. »
Les différences avec une école ordinaire
(…) « L’école traditionnelle ne permet pas aux enfants de voir un maître s’occuper de la cuisine, s’occuper de la peinture, s’occuper de l’entretien de la maison. Et la Neuville permet aussi à l’enfant de parler de ses responsabilités vis-à-vis des diverses activités qu’il entreprend ou auxquelles il participe.
A l’école ordinaire, les activités se déroulent quoiqu’en pense l’enfant et, s’il n’y prend pas part, c’est comme si il commettait un délit. A la Neuville, on lui reconnaît le droit de ne pas y prendre part, s’il y a pour lui, comment dire, un contresens entre se sentir bien et participer à cette activité. (…). On lui explique que c’est dommage pour lui. Mais ça ne gêne pas le reste de sa classe d’âge.
(…) Les institutions scolaires, la crèche et même la gardienne, l’enfant est obligé de s’y soumettre, de trouver que c’est bien et encore de s’y comporter gentiment. Il ne s’agit en fait que de lieux qui rassurent la mère, tranquillisée à l’idée que l’enfant est à l’abri des dangers.
(…) L’école devrait être un endroit où l’on s’occupe du corps de l’enfant, où l’on s’occupe de répondre aux curiosités de l’enfant. Or ce n’est pas ça du tout. L’école ne répond pas aux curiosités de l’enfant. Elle oblige l’enfant à avaler un menu de connaissances qui ne l’intéressent pas et à se conformer à des règles d’horaires et de comportement, de besoin, qui ne sont pas les siennes.
(…) Il ne s’agit pas pour autant de tout accepter. Les enfants, acceptent, eux, en vue de ce qu’ils désirent pour l’avenir. Et c’est pour cette recherche de ce qui les intéresse, soit pour l’esprit, soit pour le corps, soit pour l’affectivité, qu’il est important pour eux de vivre à la Neuville, parce qu’ils y sont libres. »
* Extraits de La Neuville : l’école avec Françoise Dolto, de Fabienne d’Ortoli et Michel Amram (Editions ESF).
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