La loi du 30 juin 1975 due à Simone Veil mettait un terme à une situation affligeante pour les enfants handicapés. Le jeune handicapé était désormais considéré lui aussi comme perfectible et éducable, et, pour le dire vite, on lui accordait le droit à exister au grand jour, loin de la honte et de l'opprobre.
Nouvel esprit de la loi, mais dont les effets dépendaient essentiellement de démarches volontaristes, de la générosité, de la solidarité portées par des individus. Et si elle bénéficiait d'aide et assistance, la personne handicapée n'était pas encore considérée comme un citoyen à part entière.
L'absence de cadre notamment scolaire réservait les parcours d'éducation, dans le meilleur des cas, à l'enseignement spécialisé. Un système scolaire à deux voies avait cours, éducation spécialisée pour les élèves handicapés, éducation ordinaire pour tous les autres.
Il fallut attendre 1995 pour que s'ouvrent les premières UPI (Unités Pédagogiques d'Intégration) et que s'engage le processus qui allait instaurer l'amorce d'un système de voie éducative unique comme référence. Puis attendre encore dix ans pour que la loi du 11 février 2005 affirme l'égalité des droits et des chances, et que les personnes handicapées puissent voter, travailler et s'instruire, comme tout citoyen. Accès à la cité donc. Accès à l'école aussi. Ce n'est plus la charité, la générosité ou la solidarité qui ont soufflé un vent de transformation.
C'est par la raison que l'on est parvenu à considérer la personne handicapée comme un semblable. C'est par le vote de la loi, l'engagement politique collectif que l'on a ainsi commencé d'inventer sur le terrain des structures pérennes. Une évolution, une révolution peut-être, qui a tout à la fois transformé et accompagné nos conceptions sur le handicap. Un mouvement nouveau et déjà engagé.