Ces acrobates apparaissent pour la première fois en 1345 avant J.-C., en Grèce, lors des ascolies, opulentes fêtes données en l'honneur de Bacchus. Ils étonnent en réussissant de multiples tours sur une corde raide, où ils courent, tournoient, se suspendent par les pieds et se laissent glisser à vive allure. On les retrouve à Rome en 600 avant J.-C., au programme des jeux du Circus Maximus. Condamnés à l'errance à la chute de l'Empire romain, les danseurs se produisent, au gré des autorisations, sur les marchés, dans les fêtes de villages. Toutes les occasions sont bonnes pour tendre la corde au-dessus des places publiques et des fleuves. L'histoire retient quelques noms : Navarin, Forioso, Kolter et Trivelin qui sillonne sans balancier le ciel de Paris. On voit éclore quelques belles dynasties, dont les Chiarini qui provoquent l'admiration de Molière. Louis XIV, lui, interdit aux danseurs de corde de se produire sur la voie publique. Les artistes se replient alors sur les foires parisiennes où la concurrence est rude. Au cours du XVIIIe siècle, la tradition de la parade se généralise. Les danseurs de corde s'exhibent devant les théâtres de foire pour attirer le badaud et recueillir quelques sous. A l'exemple du cirque de Philip Astley qui élargit sa troupe à des danseurs de cordes (Billy Saunders) et à des sauteurs (les Ferzi), des alliances se nouent entre banquistes et écuyers. Article rédigé par Thierry Voisin pour le magazine Textes et Documents pour la classe n° 819 du 1er septembre 2001. |