En partenariat avec Ricochet, Curiosphere.tv vous offre une sélection des meilleurs livres jeunesse pour 2008
 
De : 2 à 8 ans - 9 ans et plus 
 
 
 
A partir de 9 ans
   
Le petit Gus
Auteur :Claudine Desmarteau
Illustrations :Claudine Desmarteau
Editeur :Panama
Collection :Petits débrouillards
Date :Août 2008
Genre :Roman à partir de 9 ans
Prix : 14 euros
Thème(s) : Consommation - Humour - Vie quotidienne
 
 
Résumé :

« La planète est en danger, il est urgent d’agir ». Voici en résumé ce que proposent les Petits Débrouillards : rien de moins que de sauver la planète. Il faut donc « se réveiller », « agir » et « convaincre » famille et amis des bons gestes à adopter. Le discours est militant, voire combatif, mais attention « les grandes idées avancent doucement ». Voici donc référencés, des conseils, des informations, des chiffres pour acquérir le bon réflexe ou le bon geste. Réduire ses emballages, recycler, éteindre complètement la télévision ou refuser les publicités dans la boite aux lettres, bref un ouvrage pour gaspiller moins et consommer autrement. Autant commencer jeune pour sauver l’environnement, une mobilisation citoyenne en somme.

 Charlotte Javaux
   
Tu seras une formule 1, mon fils
Auteur :Dorine Bertrand
Editeur :La Joie de Lire
Collection Récits
Date :Août 2008
Genre :Roman à partir de 9 ans
Prix : 8,90 euros
Thèmes : Amour, amitié, famille, relation à soi, aux autres - Ecole - Famille - Parents
 
 
Résumé :

Renault est un brillant élève de 5e. Conçu pour gagner, il fait la fierté de son père, qui l'encourage à considérer ses camardes de classe comme ses futurs employés. Un jour cependant, tout bascule : Renault n'est que deuxième. Son père lui conseille de pactiser avec l'ennemi, de la rendre amoureuse pourquoi pas, pour la coiffer au poteau. La première est une surdouée, Aurore. Elle aime lire, rêver, et se moque de l'acharnement au travail de son nouvel ami Renault. Ce dernier suit les conseils de son père, parvient à ses fins et crache son venin à la pauvre Aurore à la fin de l'année. Là, il court encore plus vite que d'habitude rejoindre son père, le nez sur son GPS. Tous deux se percutent, et le jeune garçon est hospitalisé. Aidé par une médecin, il prend conscience de son mal-être.

Grâce à une écriture fine et intelligente, Dorine Bertrand nous invite à entrer dans le quotidien d'un enfant obsédé par la réussite. Malgré le tragique de la situation qui va en s'accentuant, on rit beaucoup : « Nos soirées livret m'avaient manqué tout l'été. Septembre avait été un supplice. » Les dialogues entre Renault et son père sont aussi savoureux qu'effrayants, ressemblant davantage à ceux entre un entraîneur et un athlète de haut niveau.
Le jeune garçon nomme les objets par des marques « j'allumai mon Toshiba », « je posai mon Eastpack ». Il n'a rien d'un enfant, on dirait une créature fabriquée et programmée pour réussir. Au-delà de la critique des parents abusifs, l'auteur dénonce une société capitaliste au sein de laquelle les enfants sont des cibles marketing. On comprend aussi qu'avoir des bonnes notes n'est pas forcément synonyme d'intelligence et d'épanouissement.
Les personnages sont touchants dans leurs faiblesses, même le père qui maltraite son fils, faute de savoir l'aimer autrement.
Un beau petit roman qui aborde un sujet peu traité, et auquel les enfants sont confrontés chaque jour : la réussite scolaire à tout prix.


 Charlotte Javaux
   
Journal d'un dégonflé : carnet de bord de Greg Heffley
Auteur :Jeff Kinney
Traduction : Nathalie Zimmermann
Editeur : Seuil Jeunesse
Date :Août 2008
Genre :Roman à partir de 10 ans
Prix : 9,95 euros
Thème :Amour, amitié, famille, relation à soi, aux autres - Humour
:
 
Résumé :

Greg a douze ans quand il commence son « carnet de bord » (un « journal intime », c'est pour les filles). Jour après jour, il y raconte ses malheurs à l'école, dans sa famille. En quête de popularité (si possible auprès du sexe féminin), Greg est prêt à tous les arrangements avec sa conscience.
Le personnage de Greg Heffley est d'abord apparu sur Internet, où il continue d'ailleurs son récit journalier agrémenté de dessins (http://www.funbrain.com/journal/Journal.html, en anglais). Le passage à la forme livre n'altère en rien la malice et l'humour du jeune collégien. Beaucoup de lecteurs se retrouveront dans son univers adolescent, entre mère couveuse, petit frère collant et copains débiles. Le narrateur est différent des autres : plus fin, plus intelligent, et un poil plus impitoyable aussi. Greg vise la fin, peu importe les moyens. Mais soit qu'il n'ose pas agir, soit que les événements se retournent contre lui, la morale reste sauve. Bon garçon, Greg reconnaît finalement que sa vie n'est peut-être pas si mal. Les illustrations qu'il est censé avoir réalisées, noir et blanc, naïves, participent grandement de l'hilarité que ne manquera pas de déclencher ce Journal d'un dégonflé. Les courtes scènes quotidiennes sont d'écriture simple, avec un vocabulaire correct mais moderne. A proposer à tous les 11-12 ans qui n'aiment pas lire.

 Charlotte Javaux
   
     
Chroniques du monde émergé (livre 1) - Nihal de terre du vent 
Auteurs :Licia Troisi
Editeur :Pocket Jeunesse
Collection :En avant ma planète
Date :Septembre 2008
Genre :Roman à partir de 11 ans
Prix : 19 euros
Thème :Condition féminine - Différence - Guerre/Conflit
 
 
Résumé :

Nihal vit à Salazar, une gigantesque ville-tour située dans le Monde émergé, qui abrite 15 000 personnes. Ce monde connaît une paix précaire car le Tyran, l'incarnation du Mal, veut en entreprendre la conquête avec ses hordes de guerriers.
Nihal a quinze ans ; mi-elfe, mi-humaine, elle est la seule rescapée du massacre qu'a subi son peuple, perpétré par le Tyran. Elle est mince et élancée, a de longs cheveux bleus, des yeux violets et de grandes oreilles pointues. Elle ne rêve que de combats et dirige un petit groupe d'enfants.
Ensemble, ils se font peur et jouent à la guerre avec leurs épées de bois. Nihal espère qu'un jour, son armurier de père adoptif, qui l'élève seule depuis la mort de sa mère, lui forgera une épée, une vraie, une belle, et qu'elle deviendra une guerrière experte et reconnue.

La vie tranquille de Nihal prend fin lorsqu'elle rencontre Sennar, un jeune magicien venu de la Terre de la Mer et que Salazar est attaqué par les troupes du Tyran. Elle ne peut s'échapper que grâce au sacrifice de son père. Nihal choisit alors une voie difficile, celle de la vengeance, celle de la lutte. Elle veut devenir un Chevalier-Dragon et doit, pour cela, intégrer l'Académie, qui forme les élites mais qui n'a jamais accepté de femme dans ses rangs. Animée par une volonté sans failles, Nihal supporte toutes les épreuves, accepte la solitude et l'isolement pour conquérir sa place dans ce monde d'hommes, aidée par son instructeur Ido et par la relation étrange et difficile qu'elle noue avec celui qui sera son dragon, Oarf. Son ami Sennar s'éloigne pour un temps car son chemin est différent. Nihal grandit, s'affirme, tombe amoureuse et connaît ses premières batailles. Nihal et Sennar se retrouveront néanmoins, pour d'autres aventures et d'autres combats dans le Monde immergé, qui nous seront contées dans les volumes suivants.

Ce premier volume se lit avec beaucoup de plaisir et d'intérêt. L'histoire repose bien sûr sur la lutte classique entre les forces du Bien et du Mal, et nous permet de croiser des peuples et des animaux fantastiques, mais L. Troisi y apporte des éléments originaux et forts et déroule son récit avec beaucoup de maîtrise et de créativité. Parce qu'elle nous parle essentiellement de différence et de la difficulté à trouver sa place dans un monde hostile. En cela, Nihal de la Terre du Vent est aussi un roman d'apprentissage : l'héroïne est d'emblée différente, seule, puisqu'elle est la dernière représentante d'un peuple victime de génocide. C'est une jeune fille qui choisit d'exister dans un monde d'hommes et qui doit conquérir sa place de très haute lutte. Tous ces éléments font que les lecteurs s'attachent à elle et ne la lâchent plus ! Et que l'on a très envie de l'accompagner dans d'autres univers bien sûr.

La fantasy italienne nous offre ces temps-ci de bons romans, qui s'écartent avec bonheur des chemins parfois trop balisés de la fantasy anglo saxonne, en y apportant du rêve, de la poésie et des univers originaux. Licia Troisi en est une preuve éclatante, tout comme Silvana De Mari, à laquelle nous devons deux beaux romans publiés chez Albin Michel jeunesse, dans la collection Wiz, Le dernier elfe et Le dernier orc, ou bien encore Silvana Gandolfi, qui arpente les terres fantastiques ou revisite des endroits magiques de notre planète : L'île du temps perdu, ou Aldabra, la tortue qui aimait Shakespeare, au Seuil jeunesse.

 Charlotte Javaux
   
L'anti-livre de lecture : vous détestez lire ? Vous risquez d'adorer ! 
Auteurs :Elisabeth Brami
Illustrations :Claire Faÿ
Editeur :Albin Michel Jeunesse
Collection :A petits pas
Date :Septembre 2008
Genre :Roman à partir de 11 ans
Prix :15,50 euros
Thème(s) :Livre/Lecture
 
 
Résumé :

Elisabeth Brami dédicace son livre aux professionnels de l'éducation et de la lecture : une manière de positionner l'ouvrage dans le domaine pédagogique, et en effet, elle veut bien inciter le lecteur à découvrir d'autres livres. Mais cet aspect « scolaire » ne va pas plus loin : tout est fait pour rendre la consultation de L'Anti-livre ludique et agréable. L'auteur a d'abord choisi le système du calendrier : un extrait par jour, et pas plus, sauf si on le souhaite ! Un petit rituel peut s'instaurer, la dépendance suivra. Les illustrations, ensuite, violettes tout comme le texte (un rappel nostalgique de l'encre des écoliers d'autrefois ?), attirent irrésistiblement l'oeil et appellent à un certain décodage : ce sont des collages, des dessins, des découpages savamment entremêlés, mis en trame de fond ou au milieu de la page, et qui interprètent la citation avec humour et malice. Rien d'étonnant dans cette inventivité foisonnante : Claire Faÿ, restée enfant dans l'âme, est l'auteur des Cahiers de taches, de gribouillages (Panama) qui ont connu un succès certain auprès des adultes. Enfin, après chaque citation, parce qu'il ne s'agissait pas de laisser le lecteur en plan, Elisabeth Brami a imaginé deux questions, d'ordre culturel, lexical, analytique mais aussi émotionnel : elle propose au lecteur de se mettre en situation et de réfléchir sur lui-même, sa vie, ses aspirations, ses peurs. Une manière intelligente de planter des interrogations dans la tête des jeunes. On trouve par exemple : « Le garçon répond « oui », mais il pense « non ». Cela vous arrive-t-il ? », « Vous arrive-t-il aussi de découvrir un autre message derrière ce que vos parents vous disent ? Quel effet cela vous fait-il ? ». Les textes choisis sont ceux d'auteurs classiques ou plus contemporains : tous les grands noms de la littérature jeunesse sont convoqués, ainsi que quelques-uns de l'édition pour adultes (Marguerite Duras, Romain Gary, Annie Saumont). Si certains reviennent plusieurs fois, ce n'est jamais pour le même livre. L'organisation chronologique des extraits est plus ou moins thématique. Admettons que deux ou trois jours peuvent éventuellement se suivre en traitant d'un même sujet : encore une manière de provoquer des comparaisons, une réflexion chez le lecteur. La fin propose habilement deux index : un par titres, un par auteurs, et on nous conseille fortement d'aller en librairie ou en bibliothèque. A déguster toute l'année, ce petit livre est simplement parfait ! Ne reste plus aux adultes qu'à l'offrir aux jeunes de leur entourage...

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
     
Tu peux pas rester là
Auteurs : Jean-Paul Nozière
Editeur : Thierry Magnier
Collection : Romans Ados
Date : Septembre 2008
Genre : Roman à partir de 11 ans
Prix : 8,50 euros
Thèmes : Entraide/Solidarité - Immigration
 
 
Résumé :

Mei, dix ans, vit avec sa mère Hua à Sponge. Chinoises, elles sont venues clandestinement en France et n'ont pas de papiers. Hua travaille dans un atelier de confection pour rembourser sa dette à ceux qui les ont fait venir. Un durcissement de la position des autorités françaises va mettre Mei et Hua en danger : elles deviennent « OQTF », « Obligation de Quitter le Territoire Français ». Si Hua réagit de manière apeurée, Mei, aidée de Tom, Léo et du SDF Victor, est décidée à ne pas se laisser faire.
Après Nous sommes tous tellement désolés dans la même collection, qui traitait du commerce de la prostitution, Jean-Paul Nozière a choisi un autre sujet grave et actuel, les expulsions de clandestins. Hua et Mei, les « chinetoques », sont particulièrement discrètes et bien intégrées. La jolie petite fille est excellente élève, reine d'une cour de deux garçons. Hua travaille, paie un loyer. Dans ce contexte, l'adjudant chargé de l'affaire et le père raciste de Léo conviennent eux-mêmes qu'il n'y a aucun sens à les faire partir. Le thème de la solidarité domine alors le roman, dans quelques beaux personnages secondaires : le père de Tom, gendarme qui refuse d?obéir à sa hiérarchie, Victor le dingue, ancien libraire aux lectures éclairantes, la directrice de l'école, les voisins de palier. Les deux amoureux de Mei (ses « moustiquaires » selon Victor) sont touchants dans leur sincérité naïve et leur rivalité pour plaire à la petite fille. Mei est elle une héroïne complexe, à la fois enfant et adulte, qui impressionne par sa détermination et, il faut bien le dire, son sens de la manipulation. Ses actions sont sous-tendues par des réflexions profondes, elle demande par exemple à sa mère de se taire « sur la Chine, [...] sur [s]on père, [...] sur [sa] famille. [...] sur tout. », parce qu' « Avant, c'était avant ». (p. 44). Plus mûre que son âge, elle comprend fort bien la gravité de la situation, et, encore enfantine, désespère de ne plus aller à la piscine, à l'école avec ses amis, ni plus tard de pouvoir se marier avec eux. C'est donc elle, avec Victor, qui prendra en main une riposte festive, appliquant avec succès l'adage du plus fort ensemble. L'auteur, qui a choisi la voie neutre du narrateur externe, responsabilise son lecteur jusqu'à la dernière page, lui proposant d'imaginer sa propre fin. Un roman salutaire.

  Charlotte Javaux
   
     
La route des ossements 
Auteur :Anne Fine
Traduction :Myriam Amfreville et Sophie Aslanides
Editeur :Ecole des Loisirs
Collection :Médium
Date :Septembre 2008
Genre :Roman à partir de 12 ans
Prix :10,00 euros
Thèmes :Citoyenneté, tolérance, société - Dictature
 
 
Résumé :

Youri habite un petit village avec ses parents et sa grand-mère. Cette dernière lui raconte des histoires passées à l'époque du Tsar, avant la Glorieuse Révolution, qui - la vieille dame n'hésite pas à le dire -, a inauguré l'instauration d'un régime fait de tout autant de misère et de terreur. Youri éveille ainsi rapidement sa conscience politique. A la mort injuste de son ami Aliocha, il s'enfuit. Il est rattrapé par l'armée, et, après un voyage éprouvant en train, rejoint un camp de travail. Une (sur)vie s'organise, les années passent, jusqu'à son évasion. Youri décide d'intégrer la résistance.
Le lieu n'est jamais nommé, mais les événements rappellent furieusement l'URSS de Lénine, mâtinée d'un brin de Chine maoïste dans les termes employés, toujours en majuscules (le « Grand Timonier », le « Grand Pas en avant »). Le narrateur Youri a sept ans au début de l'histoire, dix-huit à la fin ; des ellipses permettent d'accentuer les passages-clés, laissant le long temps des camps s'engluer dans une répétition quotidienne d'horreur. Anne Fine adopte pour les décrire une posture réaliste, n'épargnant aucun détail cru sur la promiscuité, les maladies, la saleté, etc, qui y règnent. Son héros n'est pas vraiment un introspectif ou un réflexif ; une fois qu'il a exposé ses idées de justice et d'égalité, il montre plutôt au lecteur des anecdotes, des récits de vie, et les faits parlent d'eux-mêmes. Youri observe ceux qu'il côtoie, analyse leurs réactions : peur, refus intérieur, opportunisme, interrogations sur Dieu. La majorité des ex-révolutionnaires ont été dépassés par les événements, à l'instar des parents du jeune homme, tandis que les plus âgés ont eu la sagesse de comprendre tout de suite que les gouvernants passent sans qu'il y ait de changements pour le peuple. La fin, complètement ouverte, laisse un goût amer, le choix de Youri étant compréhensible mais radical. Un beau roman dur et fort, qui se décline malheureusement à toute dictature de la planète.

 Charlotte Javaux
   
   
Une jolie fille rien que pour moi 
Auteur :Aurélie Antolini
Editeur :Intervista
Collection : Les mues
Date :Septembre 2007
Genre :Roman à partir de 12 ans
Prix : 14 euros
Thèmes :Amour - Enfance
 
 
Résumé :

Notre jeune narrateur a 11 ans et le sens de la formule. Il a une mère, Gisèle qui « avait quand même tiré zéro lot depuis qu'elle était née. », un père qu'il n'a jamais connu puisque quelques jours après son mariage, Gisèle a demandé le divorce alors qu'elle était enceinte.
« J'étais pas mieux loti au lever du rideau. Quand je suis sorti du ventre de ma mère, il paraît que j'étais pas plus gros qu'un oeuf d'oie et que j'avais le corps plein de plis. Passé trois ans, je tenais toujours pas sur mes pieds : un poivrot en layette défiant les lois de la gravité. » Il vit donc avec sa mère qui met toutes les chances de son côté pour vivre à nouveau pendant quelque temps jusqu'à ce qu'arrive le « type qui lui sert de père », qui vend des slips Eminence dans les grands magasins. « Plus moyen de se voir en tête à tête, y avait toujours l'autre pour ramener sa fraise au milieu. C'est ainsi qu'a débuté notre vie à trois. Le type de ma mère a pris plein de mauvaises habitudes, du genre passer tous ses week-ends à la maison, remplir notre frigo de trucs pas bons et regarder ma mère comme si elle était la femme de sa vie. Je me suis senti divorcé. »
Malgré cette contrariété, la vie continue et un nouvel équilibre s'installe. Notre héros va à l'école, se trouve un bon copain, Chris, et part en vacances « dans le gros bassin de la Méditerranée. » C'est là que se produit l'événement le plus important de sa vie : il rencontre Minoucha, la fille d'amis de ses parents, dont il tombe instantanément et définitivement amoureux. Il a trouvé une jolie fille rien que pour lui ! Mais pas facile de vivre cet amour partagé et intense lorsque l'on est séparé par quelques centaines de kilomètres. Heureusement, parfois la vie est belle et elle réserve à nos deux amoureux quelques jolies surprises.
Aurélie Antolini a 29 ans et ce livre est son premier roman, qu'elle dit avoir écrit comme elle aurait bu un verre d'eau : sans réfléchir, avec envie et plaisir. On sent en effet le plaisir qu'elle a pris à écrire et qui imprègne toutes les pages de cette très jolie histoire d'amour. L'écriture est pleine de verve, de trouvailles, d'inventions. Il y a de la gouaille, de la fraîcheur et de l'émotion aussi dans le récit où l'on entre facilement et que l'on ne lâche pas tant les personnages et les situations, parfois cocasses ou invraisemblables auxquelles ils sont confrontés, sont drôles et vivants. Il n'y a pas d'âge pour être amoureux vraiment, et cela fait du bien de le constater ici. Un roman tonique qui fait du bien au moral, tout en pudeur et en apparente légèreté. A découvrir absolument.

 Charlotte Javaux
   
 
   
Vendeur de cauchemars 
Auteur :André Benchetrit
Editeur :Rouergue
Collection :DoAdo Noir
Date :Octobre 2008
Genre :Roman à partir de 12 ans
Prix : 6,50 euros
Thème(s) :Aventure, policier, espionnage, fantaisie, science-fiction
 
 
Résumé :

Elvis et sa petite soeur Lili vivent avec leurs parents, des joueurs de casino surendettés qui cachent leurs biens dans une pièce secrète de la maison. Le quotidien n'est pas gai et Elvis s'occupe de Lili, sujette à des sortes d'hallucinations : un roi de trèfle vient la déranger et la pousse à dire des gros mots. Un après-midi qu'ils sont seuls, un homme immense sonne à la porte. Habillé de blanc, porteur d'une valise, il veut leur « vendre un cauchemar » adapté à leurs besoins. Les deux enfants ne savent pas comment se débarrasser de l'intrus, d'autant plus qu'il devient menaçant.
Peur des cauchemars, enfants seuls et maison aux pièces dissimulées : André Benchetrit d'adresse à nos angoisses les plus profondes, celles que nous avons enfouies en nous en grandissant. Le vendeur de cauchemars semble tout droit sorti d'un conte, ogre actualisé en représentant de commerce, inverse du marchand de sable bienveillant. Mais lui s'avèrera réel - un psychopathe qui sillonne le quartier -, tandis que le roi de trèfle de Lili, non. Si l'on s'aventure dans une interprétation psychanalytique, on peut imaginer une petite fille recréant des parents plus présents (une carte à jouer pour des joueurs) : la thématique principale devient alors la famille dans nos sociétés modernes. Toujours est-il que c'est ce personnage invisible qui va sauver les enfants, en leur soufflant des conseils pour occuper le fou jusqu'à l'arrivée de la police. Et que l'épisode malheureux va peut-être convaincre les parents de s'occuper plus d'Elvis et Lili. La suite est à construire, et, comme le dit le narrateur externe à la fin : « En fait, ce n'était pas de la chance. [Les enfants] aimai[ent] la vie et il[s] étai[ent] prêt[s] à se battre pour la défendre, c'est tout. » (p. 93). Du fantastique au policier en passant par le psychologique, André Benchetrit balade son lecteur avec beaucoup d'originalité.

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
     
   
Le premier qui pleure a perdu
Auteur :Sherman Alexie
Illustrations : Ellen Forney
Traduction :Valérie le Plouhinec
Editeur :Albin Michel Jeunesse
Collection Wiz
Date :Septembre 2008
Genre :Roman à partir de 12 ans
Prix : 13 euros
Thème(s) :Adolescence - Indien
 
 
Résumé :

Albert Spirit, surnommé Junior, est un indien Spokane. Il vit avec sa famille confinée dans une réserve. Malingre, chétif, il compte sur son intelligence pour s'en sortir et décide de fréquenter le lycée voisin, traditionnellement réservé aux blancs. Rejeté par ses anciens camarades, mal accepté par les autres, Junior parvient malgré tout à se faire une place.
C'est le premier roman destiné à la jeunesse du talentueux Sherman Alexie. Il a choisi la veine autobiographique et le « je » de narration pour parler d'une adolescence indienne actuelle en ce qu'elle a d'universel et de particulier. L'universel, ce sont les questions sur les filles et le sexe, les complexes physiques, les rapports bourrus avec les amis. Le particulier, c'est la condition d'indien du narrateur, en butte au racisme, à la pauvreté, aux ravages de l'alcoolisme qui va engendrer nombre de drames et deuils parmi les siens. L'avenir de Junior est plus incertain que celui d'un adolescent américain lambda, mais sa lucidité d'une part, le soutien sans faille de sa famille d'autre part (il insiste beaucoup sur la solidarité des indiens), le poussent à continuer et le sauvent de toute idée négative. Le ton du roman est vif, à la fois réaliste et donc optimiste ; Junior apostrophe son lecteur, utilise le présent pour l'impliquer dans ses heurs et malheurs sans tomber dans le misérabilisme. La simplicité du vocabulaire et de la syntaxe servent parfaitement les sentiments toujours justes et forts. Des dessins censés être de notre héros émaillent fréquemment le texte, amusants, commentaires et exutoires d?une adolescence pas tout à fait comme les autres. Le roman a reçu le National Book Award américain pour la jeunesse en 2007, un prix amplement mérité pour ce livre à lire d'urgence.

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
   
   
Quand vous lirez ce livre...
Auteur :Sally Nicholls
Traduction : Xavier d'Almeida
Editeur :Pocket Jeunesse
Date :Octobre 2008
Genre :Roman à partir de 12 ans
Prix : 15 euros
Thème :Journal intime - Mort/Deuil
 
 
Résumé :

Sam est un garçon de 11 ans qui vit en Angleterre avec ses parents et sa petite soeur Elsa. Il commence à écrire un livre le 7 janvier. Ce livre est un journal dans lequel il nous raconte son histoire, car Sam a déjà une histoire, dans lequel il dresse toutes sortes de listes et où il s'interroge car il sait qu'il n'a pas beaucoup de temps. Le livre se termine le 12 avril. Dès la première liste, on comprend pourquoi il s'arrête si brutalement. La voici : « Mes 5 caractéristiques principales : 1 - Je m'appelle Sam. 2 - J'ai 11 ans. 3 - Je recueille les histoires et les faits incroyables. 4 - J'ai une leucémie. 5 - Quand vous lirez ce livre, je serai sans doute mort. »
Oui, Sam a une leucémie. Il a déjà passé beaucoup de temps à l'hôpital pour suivre des traitements mais il sait qu'il va mourir. Il est jeune mais très lucide, et il veut rester vivant, le plus possible, et faire tout ce dont il rêve : avoir une copine, conduire un dirigeable, comprendre les sciences, monter les escalators à l'envers. Avec son copain Félix, malade lui aussi, qu'il a rencontré à l'hôpital, ou bien avec ses parents dont toute la vie est suspendue à celle -bien ténue- de leur fils, il écrit, il parle, il vit, il expérimente, il réfléchit aussi et se demande, par exemple, pourquoi Dieu rend les enfants malades. Il veut profiter pleinement du temps qui lui reste, il veut aussi laisser aux siens un message d'espoir et de vie.
Bien que traitant d'un sujet très difficile, très douloureux, ce livre n'est pas toujours triste ni morbide car le personnage de Sam est extraordinairement touchant, fort et drôle aussi parfois. Lorsqu'on lit ce livre, on s'immerge totalement dans la vie de Sam et on le suit dans sa vie quotidienne et ses rêves avec beaucoup de plaisir, même si d'emblée, on connaît la fin de l'histoire. On rit avec lui et l'on prend du plaisir lorsqu'il accomplit l'un de ses rêves ; on rit beaucoup moins, bien sûr, lorsque la maladie prend le dessus.
Ce livre est avant tout une leçon de vie. Grâce à Sam, le lecteur peut aussi réfléchir sur sa propre vie, démêler ce qui y est important et ce qui est secondaire ; prendre le temps de réfléchir à ce que l'on veut en faire de sa vie justement ; trouver l'énergie de réaliser certains de ses rêves. Un beau livre, touchant, pudique, profond, que pourront apprécier les filles comme les garçons.Ce roman est également sorti en même temps aux éditions Fleuve Noir, dans une collection destinée aux lecteurs adultes.

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
   
La nuit comme en plein jour
 
 
Auteur :Bertrand Ferrie
Editeur :Belin jeunesse
Collection :Charivari
Date :Novembre 2008
Genre : Roman à partir de 13 ans
Prix : 6,50 euros
Thèmes :Amour, amitié, famille, relation à soi, aux autres
 
 
 
Résumé :

Louis, treize ans, suit une vie de collégien ordinaire, élevé par une mère tendance zen. Un matin, il se réveille invisible. Et ça ne passe pas ! Il décide de continuer ses activités, mais, bientôt désespéré, il appelle sa mère à la rescousse. Pourra-t-elle faire quelque chose ?
Comme l'indique la quatrième de couverture et le reprend le quizz final, le roman traite de apparence et de l'importance trop grande qu'on lui accorde. La disparition de Louis sera attribuée à une crise d'adolescence, une réaction symbolique au décès de son père quand il était petit. Selon sa mère, le héros va passer par « cinq phases : le déni, la révolte, le marchandage, la dépression et l'acceptation » (p. 125). Et en effet, petit à petit, après une mémorable scène de colère chez le médecin, Louis apprend à vivre invisible, surtout quand il se rend compte qu'il n'est pas le seul à subir ce handicap. Dit comme cela, on pourrait se croire face à un roman classique, drôle - il arrive plein de petits malheurs à notre homme invisible - et au message éclairant. Mais c'était compter sans Bertrand Ferrier, qui, comme Louis, « aime à facétier ». Dès les premières phrases, l'auteur-narrateur se positionne délibérément comme un spectateur des aventures de Louis, usant du « nous » pour parler de lui et des lecteurs (donc vous, moi). Il s'adresse à Louis par un « tu », exhorte le personnage à se lever, bouger, bref agir sinon le lecteur va se lasser, surtout si c'est la deuxième fois qu'il lit le livre ! Ce narrateur accompagne Louis et raconte minute par minute sa journée, n'hésitant pas à prodiguer conseils, reproches, encouragements, entre parenthèses ou directement dans le texte (« Tu cherches vraiment les ennuis, tu ne trouves pas, Louis ? Provocateur. Insolent. Même avec ceux qui veulent t'aider. Est-ce bien raisonnable ? », p. 32). C'est que Louis n'est pas un garçon facile ! Le vocabulaire recherché s'enjolive de mots et d'expressions inusités, d'insultes fleuries dans la bouche de l'adolescent, et c'est fait exprès : « tu es dans un livre, bonhomme, dans-un-livre. Alors, il faut essayer de varier le vocabulaire et de limiter les répétitions. » (p. 9). Ce faisant, tous les artifices narratifs se trouvent exposés, le pacte de lecture éclate, pour un grand plaisir et une réflexion certaine. Vous l'aurez compris, on ne s'ennuie pas avec ce roman plein d'humour fin, intelligent. A propos, connaissez-vous l'auriculothérapie ? (si, si, ça existe).

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
   
   
Europe : mémoires profondes
Auteur :Collectif
Illustrations : Ronan Badel
Editeur :Autrement Jeunesse
Date :Août 2008
Genre :Documentaire à partir de 13 ans
Prix : 29 euros
Thèmes :Europe - Histoire
 
 
Résumé :

Que connaît-on de nos voisins européens ? Peut-on seulement donner le nom de chaque pays membre de l'Union ? « Europe des mémoires profondes » passe en revue les moments clés qui ont marqué depuis le XXe siècle ce territoire composé aujourd'hui de 27 Etats. Une fois ces éléments (comme les accords de Munich, le traité de Rome?) posés, apparaissent tour à tour les pays de cette identité aux contours flous. Pour chaque Etat, en huit ou dix pages, sont évoqués des moments forts, parfois un personnage marquant ou bien un élément phare comme une radio ou un club sportif. Les auteurs - des historiens - ont donné juste ce qu'il faut de précisions pour nous permettre d'avoir une vision de chaque pays comme dans un flash de lucidité. Le lecteur n'est pas submergé par un flot d'informations. Un juste équilibre est assuré entre faits historiques et événements de la vie quotidienne. Il suffit de tourner quelques pages pour passer de la mort d'Aldo Moro en Italie à l'essor touristique en Espagne, du Bloody Sunday irlandais au plus célèbre dessinateur belge, Hergé.
Voilà un bon tour d'Europe effectué en 300 pages, et merveilleusement illustré par Ronan Badel. Peu de photographies dans cet ouvrage, quelques cartes, mais surtout de belles illustrations sur de pleines pages. Un choix éditorial qui rend cet ouvrage original et le place loin des fastidieux manuels scolaires.

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
   
Ceux qui sauront
 
 
Auteur :Pierre Bordage
Editeur :Père Castor Flammarion
Collection :Ukronie
Date :Octobre 2008
Genre : Roman à partir de 13 ans
Prix : 15 euros
Thèmes :Fantastique
 
 
 
Résumé :

En 1882, le pouvoir monarchique a été rétabli en France et Jules Ferry n'a jamais pu faire passer ses lois sur l'école. En 2008, le pouvoir royal, concentré à la cour de Versailles, maintient le peuple dans l'ignorance et la pauvreté. Mais des réseaux clandestins s'organisent et Jean apprend ainsi à lire et écrire la nuit. Capturé par la police, il parvient à s'échapper et croise la route de Clara, elle aussi en fuite pour avoir refusé le mariage que lui imposait sa riche famille.
Une uchronie est le fait d'imaginer ce que serait devenue la société si un événement du passé ne s'était pas déroulé tel que l'Histoire nous l'apprend. Auteur reconnu, de talent, Pierre Bordage a choisi un sujet à la fois politique mais aussi proche des jeunes lecteurs, puisqu'il touche à l'éducation. L'idée d'un monde futur avec un pouvoir totalitaire et inique contre lequel la population de base s'organise n'est évidemment pas nouvelle, cependant l'univers crédible, les personnages touchants captivent totalement. On s'amuse à chercher les ressemblances, les différences entre la région parisienne du roman et celle que nous connaissons : lieux, transports, réseau Internet, tout se retrouve mais dans une histoire différente. Le narrateur omniscient suit en alternance les héros Jean et Clara, coupant habilement le parcours mouvementé (excellents rebondissements) de chacun pour faire monter le suspens. L'écriture est de grande qualité, sans trop de dialogues tout en demeurant vivante et rythmée grâce au discours indirect libre. Pas loin du Combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat (Gallimard, 2006) ou de Meto d'Yves Grevet (Syros, 2008), le livre, unique, pas de suite - de Pierre Bordage, glacial, à la fois si loin et si proche, se dévore.

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
   
   
L'empire invisible
 
 
Auteur :Jérôme Noirez
Illustrations : Aurélien Police
Editeur :Gulf Stream Editeur
Collection :Courants noirs
Date :Septembre 2008
Genre : Roman à partir de 14 ans
Prix : 12,50 euros
Thèmes :Esclavage - Etats-Unis - Histoire - XIX° siècle - Histoire, pays, géographie, atlas
 
 
 
Résumé :

Caroline-du-Sud, 1858. Dans l'Amérique des plantations, la petite esclave Clara Walker supporte sa vie en se raccrochant à la présence rassurante de son père. Quand, réunis en un embryon de Ku Klux Klan, des cavaliers le tuent, la jeune fille cherche à se venger. Elle fait appel à un Noir échappé devenu fou, qu'elle ne va bientôt plus maîtriser. Parallèlement, le propriétaire de la plantation s'inquiète des révoltes d'esclaves de plus en plus nombreuses, et aussi de sa femme trop sensible qui s?essaye au spiritisme pour retrouver sa fille décédée. La situation explose lors d?une nuit de tempête mémorable.
Ce roman ne se distingue pas par son thème, il existe bien d'autres livres pour la jeunesse sur l'esclavage du XIXème siècle américain - mais par son rythme, son ampleur foisonnante qui mêle considérations politiques et éthiques, folie religieuse, portraits d'hommes et de femmes blessés par la vie, tendances et usages sociaux de l'époque. Le narrateur (évidemment externe) de l'histoire suit le beau personnage de Clara, perdue de chagrin, dépassée par sa propre vengeance. Avec elle, l' « Empire invisible », qui signifie historiquement les Blancs regroupés en cercles secrets pour réprimer les velléités d'indépendance des Noirs, devient l'idée même de la violence aveugle et négative, dont elle aura bien du mal à se défaire. Raccroché un peu artificiellement au récit, le spirite-escroc Hodgkin sert de témoin plus ou moins neutre (c'est un Nordiste) à l'action et va constituer l'espoir d'un avenir pour l'héroïne. Vivant, fort, le roman ne s'embarrasse pas de propos didactiques sur l'époque ; quelques annexes situent rapidement le contexte. L'auteur préfère laisser la voix à ceux qui n'en avaient pas, leur rendant leur qualité d'humains capables de sentiments tout aussi profonds et durs que ceux des « maîtres ». A la croisée du roman historique, d'aventures et psychologique, L'Empire invisible fait accéder le lecteur adolescent à une littérature de grande qualité, riche et puissante.

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
   
   
Arthur, l'autre légende
 
 
Auteur :Philip Reeve
Traduction Stéphane Carn
Editeur :Gallimard Jeunesse
Collection :Scripto
Date :Octobre 2008
Genre : Roman à partir de 14 ans
Prix : 12 euros
Thèmes :Contes, légendes, merveilleux - Légende arthurienne
 
 
 
Résumé :

An 500, île de Bretagne. La jeune Gwyna voit son village décimé par les guerriers d'Arthur, dit l'Ours, alors chef de bande comme tant d'autres. Le barde Myrrdin la prend sous sa protection, la met dans le secret de ses manipulations pour faire d?Arthur un véritable roi d'Angleterre. C'est ainsi que la petite fille, déguisé en garçon pour passer inaperçue, assiste à l'embellissement de la moindre aventure, participe à des « miracles ». Plus grande, elle se refait fille dans le sillage de Dame Gwenhwyfar, épouse d'Arthur, et assiste au tendre amour impossible de sa maîtresse pour le chevalier Bedwyr.
L'Histoire nous dit bien qu'Arthur est certainement moins brillant que la légende ne le présente. On imagine également que Merlin, Guenièvre, Perceval et consorts étaient avant tout des humains. Mais la façon dont Philip Reeve les présente, résolument démystificatrice et moderne, ne laissera pas de troubler, voire choquer les aficionados de la Table Ronde ! Merlin surtout, habile politique qui n'est pas sans rappeler les nôtres, réjouit le lecteur. Il use des moyens les plus divers et tordus pour atteindre son but, certes altruiste, d'unifier le pays autour de la lutte contre les Saxons. Avec lui, le violent et alcoolique Arthur devient un envoyé des dieux, guerrier à la force de titan, chef préoccupé du bien-être des autres. On retiendra la séquence inaugurale d'Excalibur sortant des eaux par la main de Gwyna - Dame du Lac pour l'occasion. Bonne élève, la jeune fille reprendra d'ailleurs le flambeau de son maître afin de défendre la mémoire de Guenièvre. C'est elle la narratrice, qui nous raconte le quotidien de Merlin et d'Arthur, mais s'attarde aussi sur ses propres affects, ses réflexions. Elle donne à un récit somme toute connu un caractère vivant, proche, souvent drôle car elle n'a pas sa langue et ses idées dans sa poche. A travers elle, le roman prend encore une valeur documentaire : d'abord petite servante, puis écuyer, enfin gente dame, elle expérimente toutes les facettes de la vie dure de cette époque. Le rapport à la religion, entre paganisme et christianisme, est bien rendu dans sa complexité. Rythmé, superbement écrit et traduit, Arthur, l'autre légende mérite notre attention particulière dans une production jeunesse abondante sur le thème.

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
   
   
Révélation
 
 
Auteur :Stephenie Meyer
Traduction : Luc Rigoureau
Editeur :Hachette Jeunesse
Collection :Black Moon
Date : Octobre 2008
Genre : Roman à partir de 15 ans
Prix : 18 euros
Thèmes :Amour, amitié, famille, relation à soi, aux autres - Vampire
 
 
 
Résumé :

Attention ! Ce texte dévoile une grande partie de l'intrigue de ce roman !

Bella épouse enfin Edward. Les deux tourtereaux partent en voyage de noces seuls sur une île, avant la transformation prévue de Bella en vampire. Oui, mais Bella tombe enceinte ! Le foetus se développe très rapidement, menaçant la vie de sa mère. Bella est sauvée in extremis par des injections du venin d'Edward. Bien que toute jeune vampire, elle contrôle parfaitement ses appétits, peut s'occuper de sa fille Renesmée, qui grandit encore très vite et même rencontrer son père. Quant à Jacob le loup-garou, il découvre en Renesmée son âme-soeur. Tout irait bien si la famille des Volturi, rivale de celle de Bella et Edward, ne prenait pour prétexte la naissance de Renesmée afin de provoquer un affrontement ultime.
Lancé de par le monde à grand fracas, ce tome (le dernier ? Un cinquième centré sur Edward a été abandonné par l'auteur suite à des piratages sur Internet) n'hésite pas à positionner l'héroïne centrale, et à l'éloigner en même temps un peu du lecteur. Elle devient belle, immortelle, riche, adorée par son mari et sa belle-famille, jeune mère de 18 ans. On ne peut qu'admirer sa vie parfaite, pas s'y identifier comme dans les précédents livres. Même sa relation amicalo-amoureuse avec Jacob s'apaise, et vampires et loups-garous fraternisent. Que reste-t-il alors ? Un gros roman fantastique au rythme constant, composé de trois livres avec deux narrateurs (Bella, Jacob), à la langue facile et bien traduite par Luc Rigoureau, qui sait alterner actions vives et moments intimes, et propose régulièrement des morceaux de bravoure tel l'accouchement de Bella, assez sanglant. Stephenie Meyer a élargi son panel de vampires américains au reste de la planète : des amis affluent de tous les pays (un index des personnages final n'est pas inutile) et vont montrer leurs capacités de tolérance, solidarité par opposition aux fourbes Volturi dans une longue et violente confrontation finale (on en a la larme à l'oeil rien que de le dire). Multipliant et distillant les tonalités, tout est fait dans Révélation pour faire frissonner et frémir le coeur des adolescentes, mais aussi - et plutôt ? - des jeunes adultes. Se lit d'une traite, effectivement, en attendant un film dont la sortie en France est prévue début janvier 2009.

 Charlotte Javaux
   
   
   
Noir américain
 
 
Auteur :Armand Cabasson
Editeur :Thierry Magnier
Collection :Nouvelles
Date :Septembre 2008
Genre : Roman à partir de 15 ans
Prix : 9,50 euros
Thèmes :Amour, amitié, famille, relation à soi, aux autres
 
 
 
Résumé :

En dix nouvelles, Armand Cabasson dresse le portrait d'une Amérique violente et surtout déboussolée : cinq textes mettent en scène des hommes caparaçonnés dans leur solitude, ayant le sentiment d'une vie ratée et qui se laissent dépasser par ce constat, les cinq autres traitent de la famille dans ce qu'elle peut avoir de torturé, de malsain. Une seule tire vers le positif : la promenade d'un père et de son fils sur un terrain de bataille de la Guerre de Sécession (le Sabre de Shiloh). Le narrateur peut être le personnage principal, adulte, enfant, ou demeurer externe, le ton se vouloir émotionnel ou rationnel, un processus de construction identique demeure : Armand Cabasson met en place un suspens, le fait monter, nous tire jusqu'à une fin imprévue qui laisse sous le choc. Toujours il y a meurtre ou idée de meurtre, et on navigue autour du « noir » : thriller, polar psychologique, voire limite de l'horreur (L'Exquise Beauté des cafards). On se surprend à retrouver l'environnement de certaines séries TV américaines : FBI, NYPD, tueur à gage, ville de province, prison dans le désert, voitures dans la nuit, mais ces histoires apportent en plus un recul, une incitation à la réflexion sur nos sociétés modernes. C'est brillant, complexe et fin à la hauteur de celui qui a écrit sur les campagnes de Napoléon (collection Grands Détectives, 10/18), encore la guerre (Par l'Epée et le sabre, collection Nouvelles, Thierry Magnier). A ne pas manquer, pour grands ados et adultes !

 Charlotte Javaux
  Ce livre fait partie de la sélection Ricochet
   
  
 
De : 2 à 8 ans - 9 ans et plus 
logo Ricochet
 


curiosphere.tv est un site du groupe francetelevisions

Les sites du groupe France Télévisions :