L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet de la vidéo que vous avez visionnée : une remise en contexte, des clés pour comprendre, quelques chiffres et les points qui font débat. Bonne lecture !
26 novembre 1956 : Fidel Castro embarque pour Cuba avec 80 rebelles dont Ernesto Guevara, jeune argentin idéaliste que ses compagnons ont affublé du sobriquet de « Che »
L'offensive se solde par un massacre : seuls douze hommes en réchappent, dont Guevara (le médecin du groupe) et Castro. Réfugiés dans la Sierra Maestra, les « barbudos » déclarent la guerre totale au régime de Batista. La résistance s'intensifie, gagne toute l'île.
1er janvier 1959 : les rebelles célèbrent leur victoire à Santa Clara, le dictateur s'enfuit.
Che l’Argentin est le premier volet du diptyque que le cinéaste américain Steven Soderbergh a consacré à Ernesto Guevara de la Serna (1928-1967), dit le « Che ». Cette première partie raconte la révolution cubaine et la prise du pouvoir par les hommes de Fidel Castro, alors que la seconde raconte les derniers jours de Guevara.
C’est un soir de juillet 1955 dans un appartement mexicain qu’Ernesto Guevara fit la rencontre qui allait déterminer sa vie, celle du révolutionnaire cubain Fidel Castro (montrée dans le film en flash-back). Cette discussion avec un Castro auréolé de ses coups d’éclat contre le régime en place (celui du dictateur corrompu Batista) cristallisera la nébuleuse de sentiments de révolte et d’idées politiques qui habitait le jeune Ernesto depuis ses voyages à travers le continent sud-américain (cf. le film de Walter Salles, Carnets de voyage).
Deux ans plus tard c’est une maigre troupe de 80 et quelques hommes qui débarque clandestinement à Cuba. Repérés et bombardés par l’armée ils sont tout de suite décimés. Mais la poignée de « barbudos » rescapés va parvenir à prendre pied dans le massif de Sierra Maestra, à gagner l’appui de la population paysanne en lui prodiguant soins et instruction, à rallier les mouvements urbains d’opposition, et à infliger des défaites de plus en plus humiliantes aux troupes du général Batista. Il faudra plus de deux ans de ce patient travail de sape pour que le régime en place s’effondre sous la poussée révolutionnaire.
S’inscrivant en apparence dans le genre du « biopic » (« biographical picture », biographie filmée) hollywoodien, avec son héros éponyme incarné par une star internationale (Benicio del Toro), Che en bouscule les codes et en fait éclater le format : il fait l’ellipse sur l’essentiel de la vie d’Ernesto Guevara pour se concentrer sur deux épisodes distincts mais fortement symboliques (la prise de Cuba, la mort en Bolivie), traités dans deux films aux styles et aux enjeux dissemblables.
Héros ou bourreau ? Le débat fait encore rage sur la personnalité de Che Guevara : modèle de l’abnégation et de l’engagement pour certains (l’homme politique Olivier Besancenot), il est pour d’autres biographes (voir le livre de Jacobo Machover, La face cachée du Che) un homme violent et intolérant, bien loin de l’image romantique dont il bénéficie aujourd’hui auprès de la jeunesse du monde entier.