L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet de la vidéo que vous avez visionnée : une remise en contexte, des clés pour comprendre, quelques chiffres et les points qui font débat. Bonne lecture !
S’appuyant sur un montage d’images d’archives et de prises de vues actuelles, Terence Davies égrène les souvenirs du Liverpool qui l’a vu grandir, celui des années 1940-1950, remontant jusqu’à nos jours, s’attardant sur quelques-uns des principaux événements de l’histoire britannique récente et nous montrant les effets du passage du temps sur sa ville natale par le biais de commentaires entre poésie et ironie, mélancolie et colère.
Terence Davies, réalisateur britannique, est l’auteur de Distant voices, Still lives (1988) The long day closes (1991), deux films de fiction consacrée à son enfance à Liverpool. Après deux adaptations de romans (The Neon Bible et The House of Mirth d’après John Kennedy Toole et Edith Wharton), Of time and the city revient à cette veine autobiographique, mais sous la forme documentaire.
Of time and the city est ce qu’on appelle un « film de montage » : il joue sur les correspondances entre l’image et les sons. Les souvenirs du réalisateur, égrénés en voix-off, se superposent à des images d’archive tirées du fonds documentaire de la ville de Liverpool.
Constitué de souvenirs très personnels du réalisateur (son rapport au catholicisme, ses passions pour le cinéma et la musique, la découverte de son homosexualité à l’adolescence) le film de Terence Davies reconstitue également, en filigrane, trente ans de l’histoire de Liverpool.
Principalement connue aujourd’hui pour son club de football (ou plutôt ses clubs : Liverpool FC et Everton) et ses groupes pop (dont évidemment les Beatles), la cité des bords du fleuve Mersey a un riche passé commercial et industriel. Principal port commercial du nord de l’Angleterre du XVIIIème à la première moitié du Xxème siècle, enrichie notamment par le commerce triangulaire (plusieurs rues portent encore les noms de marchands d’esclave, comme Tarleton Street, Gildart Street et Rodney Street !), la ville connaît encore quelques années de prospérité après la seconde guerre mondiale avant un irrémédiable déclin : concurrencé par le port de Southampton, plus moderne et plus proche de Londres, Liverpool souffre surtout de la désindustrialisation du Royaume-Uni et notamment de la région du Lancashire (industrie textile).