Agathe Courtecuisse
Agathe Courtecuisse, 25 ans, enseigne le français langue étrangère (FLE) en Allemagne dans le cadre du projet d'échange franco-allemand d'enseignants du premier degré de l'OFAJ. Elle intervient dans plusieurs classes d'une école élémentaire de Waldkirch, près de Frieburg.
Qu'est-ce qui a motivé votre participation à un échange franco-allemand ?
Il y a d'abord la raison culturelle, l'envie de découvrir un nouveau pays, un nouveau système scolaire. De plus, cela permet de créer des liens pour, plus tard, continuer des échanges avec les enfants en France.
Pour moi, il s’agissait aussi d’appréhender une nouvelle matière car si en tant qu’enseignants, nous sommes formés à enseigner toutes les matières "traditionnelles" de l'école, il faut bien admettre que les langues passent à côté. Du coup, c'est vraiment le point fort de l'année puisque je n'enseigne que le français langue étrangère.
Enfin, pour être un peu terre à terre et tactique, on peut dire que quand on sort de l'IUFM, on sait qu'on est envoyé dans des postes qui ne sont pas forcément attirants. Donc cela permet de passer un an dans un endroit agréable tout en prenant un peu d'ancienneté.
En quoi consiste cet échange ?
Le contrat passé avec notre académie consiste à partir afin d'améliorer notre allemand pour l'enseigner ensuite en France. L'OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse) et le ministère nous préparent bien : avant de partir nous sommes réunis et on nous explique comment cela va se passer.
Puis sur place, c'est très différent selon les écoles, les régions. En ce qui me concerne, j'ai une petite dizaine de classes où j'interviens seule, et une classe où nous sommes deux. Ces classes sont l’équivalent, en français, des CP, CE1, CE2 et CM2.
En règle générale, les enfants sont enthousiastes. Surtout les petits !
L'échange donne une bonne image de la France et du français.
Quel niveau d'allemand est nécessaire pour faire un échange ?
Pour ma part, j'étais déjà partie un an en assistanat (j'enseignais le français à des lycéens allemands), donc je me débrouillais.
Mais n'importe qui peut se lancer. Certains sont même partis alors qu'ils étaient débutants. La plupart des participants ont fait de l'allemand jusqu'au bac et se sont arrêtés ensuite. Tous ceux que je connais avaient un niveau moyen et cela s'est bien passé.
A ce stade, quel enseignement retirez-vous de l'échange ?
Au niveau de la pédagogie, c'est très intéressant car il y a de grandes différences entre l'Allemagne et la France.
En Allemagne, les enfants travaillent de façon beaucoup plus autonome. Plus ludique aussi. Et les instituteurs sont proches d’eux, ils ne sont pas tout le temps dans une relation enseignant-élève.
Dans mon école, il y a un grand dynamisme : ils font beaucoup de sorties, de choses concrètes pour les enfants.
Je sens les élèves vraiment motivés pour aller à l'école. Ils y prennent plaisir. Je les trouve assez heureux et toujours enthousiastes.
Au retour, en quoi cet échange va-t-il influer sur votre pratique ?
J'aimerais vraiment réussir à créer une joie d'aller à l'école, une ambiance de classe qui donne envie aux enfants de venir. J'essaierai de leur faire faire des choses concrètes qui resteront ancrées en eux.
Et puis, je tenterai de les rendre assez autonomes. Parce que, du coup, je trouve qu'ils réfléchissent plus. Ici, rien qu'avec les petits, on peut déjà avoir des conversations très intéressantes.
Propos recueillis en avril 2009. |