Fabrice Lachenmaier
Fabrice Lachenmaier dirige l'association "Idées Nouvelles Europe" qu'il a créée en 1996 avec des enseignants et des cadres de l'Education nationale.
Quel est le rôle de l'association "Idées Nouvelles Europe" ?
"Idées Nouvelles Europe" a pour vocation de travailler sur le thème de la citoyenneté européenne en direction des jeunes, à travers des opérations très concrètes : campagnes de communication, édition d'outils pédagogiques et de magazines grand public. Un autre volet de nos activités est axé sur la formation des enseignants, notamment dans le cadre de projets européens, mais aussi sur des modules liés à la compréhension du fonctionnement des institutions européennes.
En tant qu'association, nous avons également un portefeuille de partenaires : une cinquantaine d'organismes, privés et publics, avec lesquels nous montons des projets européens, dans des domaines très différents comme l'édition pédagogique en Europe, la citoyenneté…
De manière beaucoup plus ponctuelle, lors d’événements - commémorations, anniversaire du traité de Rome, élections européennes… - nous nous engageons, nous menons des actions ciblées. A chaque fois, nous nous adressons à un public final de jeunes. Mais nous avons comme prescripteurs les enseignants, avec lesquels nous travaillons sur ces dossiers.
Comment s'organisent vos formations ?
Nous travaillons essentiellement sur des projets lourds, qui sont pluriannuels. Depuis 1996, nous avons réalisé 17 projets. Ils ont tous donné naissance à des formations, des modules ou des outils pédagogiques.
Nous menons aussi des animations destinées aux enseignants. Il arrive fréquemment que nous organisions des conférences auxquelles se rend une centaine d'enseignants pour appréhender, par exemple, les programmes européens.
Vos formations s'adressent-elles uniquement aux enseignants français ?
Pas forcément. L'intérêt de tous ces projets européens, c'est qu'ils sont transnationaux. Donc nous nous inscrivons vraiment dans une démarche européenne.
C'est-à-dire que notre objectif n'est sûrement pas que les Français travaillent dans leur coin mais plutôt qu'ils rencontrent des enseignants étrangers, qu'ils échangent sur des bonnes pratiques.
Cela permet de mettre au point des outils communs qui seront utilisés aussi bien par les Espagnols que par les Italiens, car la plupart du temps, nous travaillons sur des thématiques communes.
Les enseignants français sont-ils demandeurs de formations ?
Oui, énormément. Et justement, il y a en ce domaine un problème de fond : en termes de formations, les enseignants ne sont pas très au fait de ce qui se passe autour de l'Europe. Or, étant des prescripteurs auprès des jeunes, il faudrait a priori qu'ils soient bien informés sur les questions européennes.
Deuxième point : dans le cadre de leur propre formation, ils sont demandeurs. Par exemple, en ce qui concerne l'apprentissage des langues, ils vont forcément vers l'étranger pour essayer d'améliorer leur niveau. Ensuite, pour leur formation personnelle, il y a aussi une envie de connaître ce qui se fait en Europe. Et les enseignants s'intègrent très facilement dans les formations.
Il existe donc bien une conscience d'un besoin de formations liées à l'Europe ?
Oui, il y a une véritable conscience du besoin. Dans tous les secteurs. C'est pour cela que les programmes de formation qui sont proposés pour les enseignants (je pense à Grundtvig, Socrates, voir même Erasmus, Tempus) ont tous une dimension sur laquelle j'insiste beaucoup, qui est la mobilité européenne.
On essaie de faire en sorte que les enseignants se déplacent le plus possible pour aller voir comment ça se passe à l'étranger et pour en ramener éventuellement de bonnes pratiques.
En quoi consiste votre partenariat avec Europe-Education-Formation France qui est justement l'agence nationale responsable de ces programmes (Erasmus, Comenius, Leonardo, Grundtvig…) ?
Ce partenariat a deux dimensions : la communication et l'évaluation des dossiers de candidature. Pour la première, nous sommes sur le terrain. Notamment dans la région PACA, où nous sommes un peu leur correspondant en termes de communication, d'information auprès du public enseignant, en partenariat avec les rectorats et les académies.
Pour la seconde, nous intervenons dans les sessions d'évaluation lorsque les enseignants déposent des candidatures pour participer aux projets européens.
Le monde enseignant français est-il suffisamment informé des activités de l'agence Europe-Education-Formation France ?
L'agence est surtout un gestionnaire. Elle gère des fonds qui sont mis à sa disposition par Bruxelles pour certains types de programmes.
Est-ce que c'est suffisamment connu, non. Forcément. Mais il faudrait renforcer les relais locaux pour permettre une plus large diffusion de l'information sur les programmes européens.
On essaie de faire en sorte que les DAREIC (délégués académiques aux relations européennes et internationales et à la coopération) soient très impliqués. Mais ils ont beaucoup à faire, donc ces correspondants ne sont peut-être pas les plus pertinents. Il faudrait trouver une formule pour que l'information arrive vraiment auprès des principaux utilisateurs de ces formations.
Malgré tout, dans l'ensemble, les enseignants sont très nombreux à participer. Par exemple, sur le volet Leonardo, à la dernière session, nous avions plus de 500 dossiers (tout confondu : mobilité et transfert de l'innovation). Donc cela veut dire 500 équipes nationales qui travaillent sur ces projets-là pour faire bénéficier leurs jeunes ou leurs étudiants de mobilité.
Quels atouts les enseignants retirent-ils de ces formations ?
Qu'on soit bien clairs, les projets financés par la Commission européenne via l'agence de Bordeaux sont des projets qui s'adressent aux enseignants pour leur formation, mais qui s'adressent surtout aux jeunes.
En fait, les enseignants sont des courroies de transmission. Ils bénéficient des projets à titre personnel parce qu'ils participent à leur montage et à l'évaluation, et la plupart du temps, ils bénéficient aussi de la mobilité parce qu'ils accompagnent les jeunes ; mais les jeunes sont quand même les principaux bénéficiaires des projets.
Les programmes pour lesquels les enseignants se retrouvent uniquement entre eux pour vraiment faire de la formation représentent une toute petite enveloppe car ces programmes se gèrent encore au niveau académique.
Propos recueillis en avril 2009.
Association "Idées Nouvelles Europe"
http://www.ideesnouvelles.com/
Agence Europe-Education-Formation France
http://www.europe-education-formation |