L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet de la vidéo que vous avez visionnée : une remise en contexte, des clés pour comprendre, quelques chiffres et les points qui font débat. Bonne lecture !
Fausta est atteinte d'un mal étrange, transmis par ce qu'on nomme au Pérou « le lait de la douleur ». Elle vit en effet dans la peur, une peur qui a été transmise par sa mère, victime d'un viol. À la mort de sa mère, Fausta devra affronter ses peurs pour pouvoir renaître...
Deuxième film de la péruvienne Claudia Llosa (après Madeinusa, 2006) Fausta (La Teta Asustada) a reçu l’Ours d’Or au dernier Festival de Berlin.
Le titre original du film, La Teta Asustada (littéralement : « le sein apeuré »), désigne dans la sagesse populaire péruvienne une maladie qui se transmet par le lait maternel. On dit que les enfants sont nés sans âme parce que leur âme se serait cachée dans la terre pour échapper à l’horreur. Ainsi, le personnage de la jeune Fausta n’a pas vécu la guerre mais a été témoin du viol de sa mère et du meurtre de son père depuis le ventre maternel..
De manière poétique et métaphorique, Fausta revient ainsi sur les atrocités commises pendant la guerre civile qui opposa, de la fin des années 1970 au début des années 2000, le gouvernement péruvien au mouvement terroriste du Sentier Lumineux (et à celui du Mouvement Tupac Amaru), et dont furent principalement victimes les populations rurales andines. Fausta est le symbole de ce « passé qui ne passe pas », et de la difficulté du Pérou à panser ses plaies, alors que la plupart des crimes commis pendant cette période n’ont pas été jugés.
Le Sentier lumineux (en espagnol, Sendero Luminoso) est un groupe révolutionnaire péruvien d’inspiration maoïste né dans les années 1970 d’une scission du parti communiste. Basé dans les Andes péruviennes, il recrute ses premiers membres parmi les paysans pauvres, profitant de la révolte amérindienne et des insuffisances de la réforme agraire. Ne reculant pas devant les méthodes les plus violentes, la guérilla pratique une politique de la terre brûlée dont la population civile, également en butte à la violence contre-terroriste de l’Etat, est la principale victime. Très affaibli par l’arrestation de son chef charismatique d’Abimaël Guzman, en 1992, le mouvement ne cesse depuis de décliner, en proie à des dissensions internes et à la répression féroce de l’état péruvien.