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  Témoignages recueillis en partenariat avec les Cahiers pédagogiques.

Marion Blin, professeure de français en collège

Douze mois de septembre, douze classes de sixième… des élèves différents bien sûr mais des comportements récurrents qui finissent au fil du temps par faire percevoir des types de réactions identifiables. Alors si pour bien des élèves, qui entrent en sixième, il y a  une étape difficile à passer c’est dû, entre autres, à deux choses. La première, c’est l’angoisse qui commence à poindre dès le printemps précédent. Les enseignants du premier degré, inquiets pour bon nombre de leurs élèves de cette arrivée au collège, entraînent, motivent, poussent les plus faibles vers les résultats attendus. Ils veulent les préparer au mieux pour ce collège où il faut être organisé, attentif…, où les professeurs multiples vont passer d’heures en heures avec des consignes, des attentes différentes…, où la cour sera un lieu beaucoup plus difficile pour les plus jeunes élèves. Les parents, eux, considèrent ce passage comme un moment important, qui doit faire grandir. Il va donc falloir faire ses preuves puisque c’est ce que tout le monde attend et il va aussi falloir assumer devant de nouveaux adultes, ce que l’on est avec ses lacunes, ses défaillances. Le risque est grand de décevoir les autres, de se décevoir encore une fois… Et on en arrive à ce qui est le deuxième problème, la différence entre l’attente des professeurs du collège et ce que sont les sixièmes en début d’année. Ils avaient acquis une place, compris une organisation et étaient les grands de leur école, voilà qu’on leur assigne une place de petit tout en exigeant d’eux une autonomie dans l’organisation, dans le travail… c’est une sorte d’injonction paradoxale qui me parait  annihiler les compétences qu’ils avaient précédemment. Car on est frappé, lorsque l’on se rend dans une école élémentaire, de constater le degré d’autonomie des élèves. 

Quelques pistes pour aider à franchir ce cap ?
“Mettre le paquet” au premier trimestre sur tout ce qui peut aider à dissoudre l’angoisse et à devenir un collégien autonome : présenter des attentes précises et clairement exprimées (cahiers, leçons…). Travailler avec les élèves sur les outils pour apprendre, pour se concentrer (gestion mentale, relaxation, cartes mentales…), favoriser les temps où les élèves peuvent faire preuve d’autonomie (recherche de groupes, production en binôme..) et encourager et rassurer beaucoup. Lorsque j’ai agi ainsi, j’ai obtenu de grandes satisfactions qui ont compensé la patience parfois mise à rude épreuve et l’année suivante, les professeurs de 5e vous disent qu’ils les trouvent drôlement autonomes ces élèves-là 
!

Marion Blin
professeure de français en collège
marionblin@wanadoo.fr

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