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L'Armée du crime de Robert Guédiguian

Fiche d'accompagnement de la vidéo

L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet de la vidéo que vous avez visionnée : une remise en contexte, des clés pour comprendre, quelques chiffres et les points qui font débat. Bonne lecture !

1. De quoi s’agit-il ?

Dans Paris occupé par les Allemands, l'ouvrier poète Missak Manouchian prend la tête d'un groupe de très jeunes juifs, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, Arméniens, déterminés à combattre pour libérer la France qu'ils aiment, celle des Droits de l'Homme.

Les attentats de ces partisans étrangers vont harceler les nazis et les collaborateurs. Alors, la police française va se déchaîner, multiplier ses effectifs, utiliser filatures, dénonciations, chantages, tortures...

Vingt-deux hommes et une femme seront condamnés à mort en février 1944.
Dans une ultime opération de propagande, ils seront présentés comme une « Armée du crime », leurs visages en médaillon sur un fond rouge placardés sur les murs de toutes les villes du pays.


2. Quelques repères utiles…

L’histoire du groupe Manouchian a valeur de symboles : les 23 fusillés du 21 février 1944 au Mont Valérien (à l’issue d’une parodie de procès par un tribunal militaire allemand) sont le symbole des nombreux étrangers qui s’engagèrent dans la Résistance Française. À l’image de Missak Manouchian lui-même, rescapé du génocide arménien, ils ont souvent combattu ou fui d’autres oppressions (la majorité d’entre eux était juifs) avant de chercher en France la protection du « pays des droits de l’homme ».

Leur engagement héroïque met particulièrement en relief les compromissions du gouvernement et de l’administration française, engagés dans une politique de collaboration avec l’occupant. Le film de Robert Guédiguian montre les nombreuses et diverses formes que prit cette collaboration : propagande incessante (affiches pour la Relève ou le STO, émissions de Radio Paris...), mesures antisémites (désignation des magasins juifs, port obligatoire de l’étoile...), sans parler de l’existence, sur le territoire français, de camps d’internement ou de la rafle du Vel’ d’Hiv (16-17 juillet 1942).

La fameuse « Affiche rouge », éditée par les Allemands et placardée à 15 000 exemplaires, sur les murs de Paris présente Manouchian en ces termes : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés ». Cette opération de propagande de grande ampleur produit l'effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance et pour la population, elle devient l'emblème du martyre.

3. À explorer pour aller plus loin…



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