L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet de la vidéo que vous avez visionnée : une remise en contexte, des clés pour comprendre, quelques chiffres et les points qui font débat. Bonne lecture !
Le syndrome du Titanic est le premier film (co-réalisé avec Jean-Albert Lièvre) de l’ex animateur de télévision et militant écologiste Nicolas Hulot. Il le présente ainsi : « Ce film est un cri d’alarme, ne laissons pas le temps nous dicter le changement, mais aussi un cri d’espoir, saisissons l’occasion pour nous retrouver, mobilisons le génie humain en donnant enfin du sens au progrès »...
Le syndrome du Titanic s’inscrit dans ce qui est devenu depuis quelques années un genre cinématographique à part entière : le film d’alerte écologique, qui a pour but de sensibiliser le public aux risques écologiques que court notre planète, et principalement à ceux du réchauffement climatique. Parmi les plus connus, on peut citer Une vérité qui dérange avec l’ex-vice-président américain Al Gore, et Home du photographe Yann Arthus-Bertrand. Comme leurs prédecesseurs, les réalisateurs du Syndrome du Titanic savent mêler la pédagogie (ici le commentaire écrit et lu par Nicolas Hulot) et le grand spectacle (les images à la fois grandioses et terribles filmées par le documentariste Jean-Albert Lièvre)..
Le film part des origines de l’univers (le générique est constitué par des images de particules élémentaires filmées par le CERN) pour ensuite décrire l’état de développement mais aussi de crise auquel est arrivé notre civilisation à l’orée du XXIe siècle : il mêle les images de l’opulence la plus absolue (le Mall of America de Minneapolis aux Etats-Unis, plus grand centre commercial du monde) à celles de la misère la plus extrême (les bidonvilles de Lagos au Nigeria). Nicolas Hulot souligne dans son commentaire que la crise qui menace n’est pas seulement écologique : elle est aussi économique, sociale, humanitaire...
Le Syndrome du Titanic interroge la notion de « progrès ». Celle-ci, née au XVIIIe siècle chez les philosophes des Lumières (Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, 1795), désigne un processus par lequel l’humanité passe de l’état primitif à la civilisation, grâce à un accroissement du savoir rationnel qui permet de dominer la nature. Même si elle a été contestée dès l’origine (Jean-Jacques Rousseau notait dans son Discours sur les sciences et les arts – 1750 – qu’ « Il n’y a point de vrai progrès de raison parce que tout ce qu’on gagne d’un coté on le perd de l’autre »), cette notion de progrès a marqué les XIXe et XXe siècles et accompagné leurs révolutions industrielles et techniques successives. Depuis la fin des années 1970 et la montée de l’écologie politique, cette idéologie du « progrès » à tout prix est de plus en plus contestée : parce qu’elle place les moyens (l’accroissement du savoir technique) avant la fin (le bonheur de l’humanité), parce que ses conséquences (environnementales, sociales) se révèlent parfois désastreuses, parce qu’enfin elle est incompatible avec une planète aux ressources limitées.
Pour Nicolas Hulot, ex présentateur télé et « enfant de la société de consommation » comme il se définit lui-même dans le commentaire, cette réflexion prend un tour très personnel. Le film entend provoquer la même prise de conscience personnelle chez chacun de ses spectateurs.