Dossier Enfants dans la Shoah - Génocide et déportation des enfants juifs

Les enfants cachés

« (...) au-delà des initiatives individuelles, des circuits souterrains indépendants ou des filières clandestines organisées se mettent en place, dans des conditions périlleuses. »

La première opération de sauvetage d’enfants date d’avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait de transférer de l’Allemagne nazie vers l’Angleterre des milliers d’enfants de parents juifs ou d’opposants au nazisme enfermés dans des camps de concentration. Mais aussi, venant d’Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne. Le premier de ces Kinderstransport fut réalisé en décembre 1938, les derniers partirent d’Allemagne en septembre 1939 et de Hollande en mai 1940. 9 000 à 10 000 enfants purent ainsi échapper à la nasse nazie, avant le commencement de l’extermination. Des centaines furent pris au piège en Belgique ou en Hollande.

Avec la domination de l’Europe par les nazis et leurs alliés, le sauvetage des enfants signifie : les cacher, pour les soustraire aux déportations. Ainsi en France après l’arrestation et la déportation de 4151 enfants lors de la Rafle du Vel d’Hiv (16 juillet 1942).

Enfants juifs caches
Colonie d'Izieu, été 1943¹
© Maison d'Izieu / Coll. succession Sabine Zlatin.

En France, en Belgique, ou en Hollande, au-delà des initiatives individuelles, des circuits souterrains indépendants ou des filières clandestines organisées se mettent en place, dans des conditions périlleuses. Il faut trouver des refuges, fabriquer de faux papiers, leurs procurer des vêtements, les convoyer, leur rendre visite régulièrement, dans des conditions précaires.

En France, des enfants sont cachés dans de nombreuses régions : dans la Drôme (Dieulefit), dans l’Aveyron (Capdenac), le Cantal (Vic sur Cère), les Cévennes (Chambon-sur-Lignon), les Alpes Maritimes (Nice), etc, etc,. Ainsi 80% des enfants échappèrent aux déportations.

Par leur dévouement et leur ingéniosité, l’O.S.E., les Réseaux « Marcel », « Garel », les Éclaireurs israélites, la C.I.M.A.D.E., La Clairière, l’Entraide temporaire, le M.N.C.R., la « Maison de Sèvres », le « Comité de la Rue Amelot », les Pères de Sion, l’Amitié chrétienne, et d’autres ; autant que les actions des FTP, FTP-MOI, FFI, représenteront éternellement ce que profondément peut signifier : « Résistance ».


Colonie d'Izieu, été 1943
Entre mai 1943 et la rafle du 6 avril 1944, la Colonie d’Izieu a accueilli 105 enfants juifs pour tenter de les soustraire aux persécutions antisémites. Pour certains, elle fut un lieu de passage pour quelques semaines ou quelques mois. Sur cette photo prise au cours de l’été 1943, on reconnaît des enfants et des adultes arrêtés le 6 avril 1944, mais également d’autres qui ont pu quitter la colonie avant la rafle. Sur ordre de Klaus Barbie, 44 enfants et 7 adultes furent arrêtés le 6 avril 1944, puis déportés. Léa Feldblum, éducatrice, fut l’unique survivante.

¹ Par rangée, de gauche à droite, en partant du fond :
Arnold Hirsch, Raoul Bentitou, une jeune fille non identifiée ; Théo Reis, Marcelle Ajzenberg, Miron Zlatin (directeur et économe de la colonie) et tenant un chapeau au bout d’un bâton, Max-Marcel Balsam ; un enfant non identifié, Philippe Dehan, Berthe Mering, un enfant non identifié sur les genoux de Miron Zlatin ; un enfant non identifié à quatre pattes, debout déguisé : Jacques Benguigui, Paula Mermelstein, Georgy Halpern, Sigmund Springer (la tête tournée), Esther Benassayag, Nina Aronowicz, Claude Levan-Reifman (dont on n’aperçoit que les yeux), deux enfants non identifiés ; assis avec une chemisette blanche : Henri Verdier, au premier plan avec un ciré noir : un enfant non identifié.


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