La sexualité des adolescents
Fin de « l’innocence » ici !

L’entrée dans la puberté coïncide avec la transformation du corps et s’accompagne d’une attirance très forte pour la chair, chez les jeunes hommes comme chez les jeunes femmes, ces dernières étant juste un peu plus discrètes. Poitrine qui pousse, poils qui prolifèrent, taille qui double… constituent des bouleversements parfois douloureux et durs à admettre, notamment lorsqu’ils impliquent des rêves érotiques. Rien de plus normal que tous ces phénomènes résultant des mystères de la chimie hormonale! Néanmoins, malgré l’évolution des mœurs et l’accès à une information abondante, la majorité des adolescents ressentent une sorte de honte. Les filles cachent leurs formes naissantes dans des vêtements taille XXL. Les garçons qui « ne pensent qu’à ça » sont taxés de vicieux. La tension est telle que les jeunes ont de quoi perdre la tête : sont-ils bizarres, dégoûtants, dépravés ? Bien sûr que non. Ils grandissent, ils essaient de résoudre une étrange énigme où les sentiments s’accomplissent dans le plaisir et inversement. Beaucoup souffrent sans savoir pourquoi, sans oser en parler, et surtout pas à leurs parents qu’ils perçoivent aussi incommodés qu’eux ! Ils préfèrent plaisanter entre potes en prétendant ne plus être vierges depuis longtemps ou regarder un « porno » en cachette.
Il est vrai que des mots comme « masturbation », « éjaculation », « pulsion », « homosexualité »… ne passent pas à la maison. Dommage vu qu’ils font partie de l’univers des adolescents. Et les mères savent très bien ce que sont ces taches qui apparaissent dans les draps de leurs rejetons de 14 ans ! Peut-être s’agirait-il simplement de leur signaler qu’ils ne sont ni malades ni pervers. Loin de là : ces signes démontrent qu’ils se développent, le plus naturellement du monde, au plan physique et au plan intellectuel. Ils réfléchissent inconsciemment sur leur corps. Ils s’interrogent avec angoisse sur leurs préférences, leurs attirances, leurs affinités. Ils se projettent dans des situations amoureuses. Ils testent leurs capacités tant à s’accepter qu’à accepter puis contrôler leurs désirs. Cette « vie privée » en construction mérite le respect : pas de moqueries intempestives sur les « accidents nocturnes », pas de critiques paillardes sur l’occupation prolongée de la salle de bains, pas de prêchi-prêcha moralisateur à outrance… Il convient plutôt de les rassurer, ne serait-ce qu’en laissant traîner une revue pédagogique ou en proposant une consultation médicale. Car, rejetés, cachés, non assouvis, les inévitables fantasmes de l’adolescence tournent fatalement à l’obsession, deviennent effectivement malsains, conduisent à des dérives. C’est pourquoi il incombe aux parents, mine de rien, au quotidien, de dédramatiser le sexe.



