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Hugo Cabret

Hugo Cabret de Martin Scorsese

Fiche d'accompagnement de la vidéo

L'essentiel de ce qu'il faut savoir sur le sujet de la vidéo que vous avez visionnée : une remise en contexte, des clés pour comprendre, quelques chiffres et les points qui font débat. Bonne lecture !

1. De quoi s’agit-il ?

Dans le Paris des années 1930, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu'un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur – qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n'est que le début de l'aventure…

2. Quelques repères utiles…

Hugo Cabret de Martin Scorsese est l'adaptation d'un roman graphique de l'américain Brian Selznick, L'Invention d'Hugo Cabret (The Invention of Hugo Cabret), best-seller aux Etats-Unis depuis sa parution en 2007. A travers l'histoire d'un orphelin lancé sur la piste d'un intrigant secret, L'Invention d'Hugo Cabret constitue un hommage au cinéma en général et à Georges Méliès en particulier.

Né en 1861 et mort en 1938, Georges Méliès (dont on célèbre en 2011 le 150e anniversaire de la niassance) est considéré comme le « père du spectacle cinématographique » (c'est à dire des films de fiction), et l'inventeur des effets spéciaux. Prestidigitateur reconnu, propriétaire du théâtre Robert Houdin à Paris, il assiste à la première représentation du cinématographe Lumière en 1895 (date qui a été retenue comme la date officielle de la "naissance du cinéma"), et s'empresse d'acheter une caméra. En quelques années, il va tourner plus de 500 films, construire un puis deux studios dans sa propriété de Montreuil, connaître un succès mondial avec ses films, dont le plus célèbre reste Le Voyage dans la lune (1902).

Piraté et plagié à grande échelle (notamment aux Etats-Unis), dépassé par l'évolution du langage cinématographique, Georges Méliès est ruiné par la première guerre mondiale (1914-1918). Oublié de tous, donné pour mort par certains, il reprend une boutique de jouets et de confiseries à la gare Montparnasse, hanté par le souvenir de ses créations passées. C'est à cette période que le mettent en scène le livre et le film, qui racontent comment le jeune Hugo va progressivement découvrir la vérité sur lui, et œuvrer à sa réhabilitation.

On peut s'étonner que le nom de Scorsese soit associé à un héros d'une douzaine d'années et à un film aussi « familial » : de Mean Streets (1973) jusqu'à Shutter Island (2010), il s'est spécialisé dans le polar ou le film de mafia (Les Affranchis, Casino), il a excellé dans la peinture d'univers noirs et la représentation de la violence.

Mais Martin Scorsese est aussi un amoureux transi du cinéma et de son histoire, passion qu'il a contractée dans son enfance en écumant avec son père les salles de Little Italy (New York). Il a notamment montré cet amour à travers son engagement à la Film Foundation (destinée à préserver les chefs d'œuvre du passé) et deux remarquables « documentaires cinéphiles » : Un Voyage à travers le cinéma américain et Un Voyage à travers le cinéma italien. A cet égard, le livre de Brian Selznick ne pouvait que le toucher. A travers le personnage de Georges Méliès, à travers la relation qui l'unit à un jeune garçon, Martin Scorsese parle à la fois de l'histoire du cinéma, et de sa propre enfance…

Hugo Cabret est également le premier film que Martin Scorsese a tourné en 3D. Le réalisateur déclare avoir « redécouvert le langage cinématographique » à cette occasion. Dans son approche, il s'est beaucoup inspiré des films en 3D tournés dans les années cinquante et qui l'ont marqué enfant, notamment les deux grands classiques Le Crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock (1954) et L'Homme au masque de cire d'Andre de Toth (1953). Martin Scorsese ne néglige pas la dimension spectaculaire de la 3D, notamment lors du virtuose plan-séquence d'ouverture (une constante chez lui), qui nous fait littéralement voler au milieu des voyageurs et entre les rouages des horloges. Mais la 3D donne également une incroyable présence aux visages lorsqu'ils sont filmés en gros plans : celui, juvénile mais décidé, du jeune Hugo, et celui, marqué par la vieillesse et l'échec, de Georges Méliès (interprété par le grand acteur britannique Ben Kingsley).

Georges Méliès sera particulièrement à l'honneur en décembre 2011, puisque le 8 décembre sera célébré le 150e anniversaire de sa naissance. Le 14 décembre sort en salle une version restaurée, en couleurs (les films de l'époque étaient « colorisés » au pinceau, directement sur la pellicule), et mise en musique par le groupe Air, du Voyage dans la Lune. Le film est exploité avec en avant-programme un documentaire de Serge Bromberg, Le Voyage extraordinaire.

4. À explorer pour aller plus loin…



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