UNION EUROPEENNE
Le "non" de la France
29 mai - Les Français disent "non" au référendum sur le projet de loi autorisant la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe.  
  Appelés à se prononcer par référendum, les électeurs français rejettent largement le traité constitutionnel européen : le "non" l'emporte à 54,87 %. Ce vote plonge l'Union européenne dans une crise majeure.
  Rappel des faits
  Les Français ont donc dit "non". Un "non" massif, et avec une participation record. Trois ans après le premier tour déjà retentissant de la présidentielle de 2002, politologues et sociologues n'ont pas fini de s'interroger sur la signification de ce vote. Rejet de l'Europe libérale, défiance vis-à-vis de Jacques Chirac et du gouvernement Raffarin, peur des réformes... : beaucoup d'éléments s'y sont mêlés. Et dans une France obsédée par la question du chômage, les opposants au traité ont réussi à accréditer l'idée qu'il s'agissait là d'un texte menaçant pour l'emploi.

L'Europe des vingt-cinq et la classe politique française sortent ébranlés de ce vote. Le "non" de la France, pays fondateur, remet en question toute l'orientation prise ces dernières années par les institutions européennes. Quant à la classe politique, elle voit dans ce vote autant un "non" à l'Europe qu'un "non" à Jacques Chirac.

Deux jours après le référendum, le président de la République nomme Dominique de Villepin au poste de Premier ministre pour incarner une "impulsion nouvelle et forte". De leur côté, les gouvernements européens ont désormais le choix entre le retour strict au traité de Nice, la renégociation du traité, ou une voie médiane, celle de l'adoption à l'unanimité de certaines mesures du traité constitutionnel...


 10 Le saviez-vous ?
C'est le nombre de
référendums nationaux
qu'a connus la Ve République.
Trois façons de ratifier ont cours dans l'Union européenne
des 25 : celle par voie parlementaire, celle par voie
référendaire et le réferendum consultatif préalable à la ratification parlementaire.