EMPLOI DES JEUNES
La crise du CPE
10 avril - Le Contrat Première Embauche est supprimé.  
  Le 10 avril, Jacques Chirac décide de supprimer l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances, qui créait le contrat première embauche (CPE). Cette décision survient trois mois après les premières manifestations demandant son abrogation. En remplacement du CPE, une nouvelle loi verra le jour le 21 avril 2006 ; elle vise à renforcer les dispositifs existants en faveur des jeunes de 16 à 26 ans les plus en difficulté.
  Rappel des faits

Un CDI réservé aux moins de 26 ans employés dans les entreprises de plus de 20 salariés et débutant par une période de deux ans au cours de laquelle le salarié peut être licencié sans justification de son employeur : tel était, en substance, le contenu du contrat première embauche, qui constituait l'une des dispositions de la loi sur l'égalité des chances.

Adopté par le Parlement le 9 mars puis validé par le Conseil constitutionnel le 30 mars, l'amendement sur le CPE suscitera une vive opposition parmi un nombre important d'étudiants et de lycéens, suivis par les syndicats de salariés, puis par les partis politiques de gauche, estimant que ce contrat faciliterait les licenciements abusifs et la précarité. La mobilisation culminera le 28 mars avec des manifestations réunissant entre un et trois millions de personnes sur l'ensemble du territoire. Après avoir longtemps parié sur un essoufflement du mouvement, le Premier ministre Dominique de Villepin sera contraint de chercher, fin mars, "une issue à la crise". Celle-ci ne viendra finalement que de la suppression du texte.

Après la crise de l'hiver 2005 qui avait enflammé les banlieues, le pays aura donc vécu une crise de printemps, mobilisant elle aussi la jeunesse et faisant apparaître la France comme le pays des manifestations, où la contestation sociale fait loi. Dans les deux mouvements, une même préoccupation : la peur de l'avenir, ou son absence. A cet égard, la crise du CPE pourrait bien n'être qu'un épisode dans une lutte de longue haleine portée par des Français inquiets du type de capitalisme qui prévaudra à l'avenir en Europe.


 15 % Le saviez-vous ?
C'est le nombre de licenciements
qui débouchent sur un contentieux en France.
Au cours des trois dernières décennies, 35 mesures
dites en faveur des jeunes ont été prises, tantôt par un gouvernement de droite, tantôt par un gouvernement de gauche.