Emmanuel Todd est politologue, historien et sociologue. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de référence.
Interrogé par Frédéric Taddeï, il développe ce qui conditionne, selon lui, une révolution.
En effet, les révolutions ne se font jamais lorsque les conditions de vie d’un peuple sont au plus bas. Les processus révolutionnaire sont toujours précédés par une phase d’amélioration dans les domaines éducatifs et culturels notamment.
Si l’on suit les thèses de l’historien Lawrence Stone, on constate que les processus révolutionnaires se déclenchent lorsque 30% à 40% de la population sait lire et écrire. Cela a été le cas pour les révolutions anglaises, françaises, russes ou iraniennes.
Les pays arabes sont, avec un peu de retard, dans le même cas de figure aujourd’hui. Le taux d’alphabétisation en Tunisie frôle en effet les 100%, à peine moins pour l’Égypte (94%). La mutation démographique des pays arabes, c'est-à-dire la chute de la fécondité qui suit presque toujours l’alphabétisation des femmes, est bien engagée : 2,7 enfants par femmes en Libye, 2,1 en Tunisie, 2,9 en Égypte.