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LES ORIGINES DE L'ANTISEMITISME ALLEMAND
(Suite)
Les
origines de l'antisémitisme allemand
Faut-il voir dans ce que les nazis ont appelé la "solution finale"
un aboutissement inéluctable de l'antisémitisme germanique qui
serait né dès l'installation de populations juives à
l'époque de l'arrivée des légions romaines en territoire
germanique ? Selon cette idée, l'antijudaïsme n'aurait fait que de
se renforcer tout au long de l'histoire allemande jusqu'à en faire
un des éléments fondateurs de la nation allemande. Durant cette
longue période, les juifs furent alors soumis à des persécutions
régulières.
En Allemagne comme ailleurs, I'antijudaïsme médiéval ne peut
être dissocié du contexte religieux. Peuple à la fois
accusé d'être déicide et choisi par Dieu, les juifs étaient
pour les chrétiens tout à la fois synonymes de scandale et objets
d'interrogation. Cette approche religieuse permet de comprendre leur mise
en ghettos dès l'époque médiévale et la naissance
de mythes que l'on retrouvera sous le IIIe Reich, à
savoir celui de la double personnalité des juifs selon qu'ils étaient
au-dehors ou au-dedans du ghetto, ou encore les mythes des meurtres rituels,
des perversions sexuelles, de la puissance maléfique et du complot
universel.
Au milieu du XIXe siècle, un
Français, Arthur de Gobineau, proposa une classification et une hiérarchisation
des races humaines.
Quelle
attitude des Allemands ordinaires faut-il alors retenir face à cet ignoble
antisémitisme ? Celle qui approuva les lois de Nuremberg, car ces
dernières flattaient l'antisémitisme traditionnel, ou bien celle
qui désapprouva massivement les violences de la Nuit de cristal de novembre
1938 ?
| "Quoi qu'on ait dit ou prétendu,
la considération de la race demeure capitale dans l'histoire
du monde. Dans le passé comme dans le présent, elle
reste l'explication dernière de la nature des actions et
des réactions de l'individu dans la lutte pour l'existence." Jules Soury, lors de la campagne nationaliste de 1902 |
| Comme le souligne le premier
tract du mouvement de la Rose Blanche animé par les étudiants
allemands Christophe Probst, Hans et Sophie Scholl, assassinés
par les nazis en février 1943 :
"Rien n'est plus indigne, pour un peuple civilisé, que de se laisser, sans résistance, régir par l'obscur bon plaisir d'une clique de despotes. Est-ce que chaque Allemand honnête n'a pas honte aujourd'hui de son gouvernement ? Qui d'entre nous pressent quelle somme d'ignominie pèsera sur nous et nos enfants quand le bandeau, qui maintenant nous aveugle, sera tombé et qu'on découvrira l'atrocité extrême de ces crimes ?" |
| En 1935, les lois de Nuremberg
sur la protection du sang allemand ont fait des juifs allemands
des étrangers dans leur pays.
"Inspiré de la volonté indomptable d'assurer l'avenir
de la nation allemande, le Reichstag a adopté à
l'unanimité la loi suivante [...] : |
| Le témoignage d'un
historien vivant en Allemagne nazie
"Là où il n y avait pas eu d'arrêté municipal [interdisant la ville aux juifs] des panneaux sur les routes y suppléaient : 'Les juifs n'entrent ici qu'à leurs risques et périls', 'Juifs strictement interdits de séjour dans cette ville' [...] Aux alentours de Ludwigshaven, à l'entrée d'un virage dangereux, on pouvait lire cet avis aux conducteurs : 'Prudence, virage dangereux - Juifs, cent à l'heure'." Marvin Lowenthal, The Jews of Germany: a Story of Sixteen Centuries (éd. The Jewish Publication Society of America, 1938) |
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Contenus extraits de l'ouvrage Le génocide Stéphane Reignier Ed. Mémorial de Caen |